Launch Lab

DSC01271

A Stellenbosh, nous avons rencontré Avelino, qui fait partie de l’incubateur de l’université : le Launch Lab.

Quand le Launch Lab a-il été lancé et pour répondre à quels besoins ?

L’université de Stellenbosh a lancé en 2012 un concours en partenariat avec ENOVOS appelé « Stellenbosh business competition ». Le but était de donner une chance aux étudiants de penser à des idées de business puis de les mettre en compétition pour permettre aux meilleures idées de gagner l’argent nécessaire au lancement de leur projet. Face au succès de la première édition, nous avons réitéré l’opération l’année suivant (2013).

Le concours a également mis en lumière un besoin : les étudiants pensent souvent travailler dans le monde de l’entreprise et apprennent donc lors de leurs études à devenir salariés mais pas entrepreneurs. Nous souhaitions donc amener cette culture entrepreneuriale sur le campus.

ENOVOS a alors réalisé que nous avions les idées, les entrepreneurs et qu’il y avait donc besoin d’une structure soutenant l’entrepreneuriat sur le campus. L’incubateur a donc véritablement commencé au moment de la création de cet espace.

Comment fonctionne le Launch Lab ?

Le Launch Lab se compose de deux parties :

- Une partie « bureaux » occupée principalement par des entrepreneurs extérieurs à l’université, ce qui représente environ 10 entreprises.

- Une partie « Hot Seats » occupée en grande partie par les étudiants.

Nous avons régulièrement des étudiants ou des externes qui viennent poser des questions sur le fonctionnement du Launch Lab. Certains viennent également directement avec leur idée ou leur business model pour recevoir des conseils ou de l’aide.

Nous agissons comme intermédiaire : par exemple si un étudiant vient nous demander de l’aide pour enregistrer son entreprise, nous pouvons l’aider dans ses démarches. S’il exprime un besoin en termes de marketing, droit, finance ou toute autre discipline dans laquelle il n’a pas les connaissances nécessaires, nous le mettons en contact avec un membre du Lab compétent qui l’aidera alors gratuitement.

Nous sommes une équipe de 5 personnes à travailler pour Launch Lab et à nous occuper de la gestion de l’incubateur : Philip est notre manager et fait le lien entre le Launch Lab et ENOVOS,  JD est responsable « Business opérations », Denise est notre secrétaire et s’occupe de toute la gestion administrative. Mais c’est un peu le pilier de l’équipe : elle était absente la semaine dernière et nous étions perdus ! Cristina était le « project manager ». Elle a démissionné il y a un mois pour pouvoir passer plus de temps avec ses enfants et lancer son entreprise dans le domaine du vin. Elle va être remplacée par Jonathan. Quant à moi, je m’occupe du marketing et de la communication autour du Launch Lab.

Comment êtes-vous financé ?

Nous sommes financés par l’université qui nous fournit, entre autre, les locaux. Nous allons d’ailleurs déménager en septembre 2014 dans un nouvel espace sur le campus, plus grand et plus moderne. Nous sommes également subventionnés par le gouvernement et ENOVOS.

A partir de l’année prochaine, nous serons indépendants d’ENOVOS et ne serons plus sous leur gestion. Nous aurons notre propre identité et ENOVOS ne sera plus qu’une de nos parties prenantes.

Comment choisissez-vous les business que vous soutenez ?

Pour le moment, nous avons vraiment des gens très différents au sein de l’incubateur.

Quand quelqu’un vient avec une idée et exprime le souhait de devenir membre, nous organisons un « pitch meeting » : tous les membres se réunissent et les nouveaux postulants viennent présenter leur projet d’entreprise. Tout le monde choisi alors si nous intégrons –ou non- la personne. Mais pour être honnête, à ce stade nous ne refusons jamais vraiment l’accès au Launch Lab : nous avons des entreprises IT, un business coach, du marketing… En effet, nous sommes toujours dans une phase de « test ».

En revanche, à partir de l’année prochaine, nous souhaitons nous concentrer sur les entreprises « techniques » du type : développement informatique, construction de machines, ou tout ce qui est lié aux nouvelles technologies.

Combien de personnes sont membres du Launch Lab ?

En moins d’un an, nous avons déjà atteint quarante membres. Mais il y a également des personnes qui intègrent le Launch Lab et le quittent très rapidement (environ 5-10 personnes depuis le début). Il s’agit d’entrepreneurs qui réussissent très bien et n’ont rapidement plus besoin de l’incubateur.

C’est par exemple le cas du gérant d’ « Orienters » qui fut un des premiers sorti du Launch Lab car son entreprise se développait très vite.

Parmi les femmes entrepreneures de l’incubateur, Nathalie a développé une application de type instagram spécialisée pour les entreprises. Pendant son MBA aux Etats Unis, elle a réussi à obtenir des financements sur place. Elle va donc surement faire partie de ces gens qui sortent du Launch Lab car son business se développe très vite et à l’étranger.

Nous avons d’autres exemples de belles réussites : « Freedom of mouvement » vont bientôt ouvrir un point de vente à Pretoria, « Stallis », une marque de vêtement « Hispter », ont lancé un site en ligne et comptent déjà plus de 8000 followers. En Afrique du Sud en matière de mode, nous avons toujours 2 ans de retard sur la France ou les Etats Unis, c’est plaisant d’avoir de nouvelles marques qui remédient à cela !

De manière générale, que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin en Afrique du Sud ?

En raison de la culture / des traditions, l’entrepreneuriat reste majoritairement masculin en Afrique du Sud. En effet, avant 1994, c’est l’homme qui travaillait et pourvoyait aux besoins de la famille pendant que la femme restait à la maison pour s’occuper des enfants. Si elles avaient un travail, elles étaient professeur ou infirmière mais n’étaient pas intégrées au monde de l’entreprise.

Mais la situation s’améliore : les femmes ont maintenant rejoint le monde de l’entreprise. Si la génération « avant 94 » éprouve encore certaines difficultés, les femmes de la nouvelle génération ont aujourd’hui les même opportunités que leurs homologues masculins et je ne pense pas que la société leur refuse le droit de faire ce qu’elles veulent.

Cependant, à l’heure actuelle, j’ai plutôt le sentiment qu’elles cherchent à monter les échelons au sein de l’entreprise mais ne se lancent pas forcément dans la création de leur propre business. En effet, il y a un énorme fossé entre être à la maison et lancer sa propre affaire. Les femmes sont toujours en pleine adaptation au monde de l’entreprise et le changement effraie généralement les gens. Elles doivent donc expérimenter ce changement d’état d’esprit avant d’être plus attirées par l’entrepreneuriat.

Selon moi, il faut mettre en place les structures pour faciliter ce changement et l’évolution des mentalités mais je ne pense pas qu’il soit possible de forcer les choses. C’est comme si on disait aux femmes « voilà, vous ne pouviez pas être entrepreneures à l’époque, maintenant vous pouvez alors allez-y ! »  Comment pouvez-vous savoir si c’est ce qu’elles veulent ou non ? Il ne faut donc pas forcer le système. Par contre, il faut les informer, les accompagner dans les démarches à effectuer, les renseigner sur les étapes à suivre et les orienter vers les structures qui peuvent les aider.

Je pense que dans le futur, nous assisterons à ce mouvement de femmes qui passe du monde de l’entreprise à l’entrepreneuriat car elles se sentiront plus compétentes pour le faire.

Il y a d’ailleurs de plus en plus de figures féminines fortes en Afrique du Sud. Monica Ramos est la PDG d’ABSA (la plus importante banque en Afrique du Sud), Helen Zine est le leader de l’Alliance démocratique (le deuxième parti du pays) et la maire de Cape Town…

Est-il difficile selon vous de lancer son entreprise en Afrique du Sud ?

Je ne pense pas que cela soit difficile : j’ai enregistré une entreprise en ligne l’autre jour en moins d’une heure !

De plus, je pense qu’il est maintenant possible de recevoir beaucoup d’aide (incubateurs ou autres structures) alors qu’il y a quelques années vous étiez seul.

Aujourd’hui il existe beaucoup de structures de soutien, notamment à Cape Town mais aussi Pretoria, Bloemfontein… Il y a actuellement 26 incubateurs à Cape Town alors si vous souhaitez lancer votre entreprise, vous n’avez pas d’excuses !

DSC01269 DSC01268

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>