Marie José – Couturière

marie josé

Nous avons rencontré Marie José, congolaise venue s’installer en Afrique du Sud il y a 10 ans. Marie José partage aujourd’hui un atelier de couture avec une amie au « African Women Craft Market » de Cape Town.

Comment avez-vous commencé ?  

J’ai étudié la couture à l’école et je souhaitais continuer à évoluer dans ce domaine.

Au départ, je travaillais depuis la maison, et la clientèle venait directement chez moi. Mon amie cousait elle aussi depuis chez elle. Puis elle a trouvé cet endroit : elle a alors commencé à louer l’emplacement et à travailler ici. Elle cherchait quelqu’un pour partager le loyer, et c’est comme ça que nous nous sommes associées.

En effet, à la maison le business était restreint à mes connaissances et aux membres de ma paroisse tandis qu’ici, il y a beaucoup de gens de passage.

Vous réalisez donc tous les vêtements présentés ici ?

Oui, Mama Christine et moi réalisons tous les vêtements vendus ici.

Nous cherchons des modèles sur internet ou les créons nous-même, puis nous les reproduisons ici. Il y a également des gens qui amènent leur propre modèle et nous faisons alors des réalisations sur-mesure.

Nos fournisseurs de tissus se trouvent un peu partout en Afrique : Senegal, Nigeria, Congo, Mali, Ghana… Il y a un autre type de tissu que nous achetons ici en Afrique du sud : le Chué-Chué.  C’est un tissu spécial, assez résistant. Avant de le coudre il faut le tremper dans l’eau pour l’assouplir. Celui qui se vend le mieux c’est celui-ci (ndlr un tissu à l’effigie de Mandela).

Comment marche le business ?

En ce moment c’est la période plutôt calme car c’est l’hiver. Il fait froid, les gens achètent peu de nouveaux habits en tissu. Mais sinon ça va, nous ne manquons pas.

Par la suite, nous souhaiterions ouvrir une autre boutique, vers le Waterfront car c’est encore plus animé là-bas.

Quelles ont été vos principales difficultés dans le lancement de votre activité?

La principale difficulté a été d’intégrer le marché et de se faire connaitre.

En effet au début nous étions toutes les deux focalisées sur nos connaissances et notre activité était basée uniquement sur le bouche à oreille.

Cependant, comme nous avons maintenant un loyer à payer, nous avons dû augmenter nos prix. De ce fait, nous servons peu de nos amis mais nous avons développé un autre type de clientèle : si en passant devant notre boutique ils trouvent un article qui leur plait, ils l’achètent !

Nous avons également enrichi notre stock via de nouveaux partenariats fournisseur…

Etes-vous passée par une structure pour vous aider à lancer votre entreprise ?

Non, nous avons commencé comme ça. C’est délicat et onéreux de passer par des intermédiaires. De plus, il faut remplir toute sorte de critères, notamment en termes de nombre de salariés. Or, nous n’employons personne…

Mais nous pensons tout de même faire enregistrer prochainement notre entreprise et à ce moment-là nous passerons surement par une maison spécialisée pour nous aider dans les démarches administratives.

Pensez-vous que l’entrepreneuriat soit difficile pour les femmes ?

Pourquoi ? L’homme et la femme, où est la différence ? Il suffit d’avoir le courage, la disponibilité. Mais si vous avez à cœur de réussir, vous allez y arriver !

Je connais d’ailleurs plusieurs autres entrepreneures qui travaillent ici : une autre congolaise dans la restauration, une togolaise dans les arts…

Un mot pour la fin, un conseil ?

La femme doit se prendre en charge, ne doit pas croiser les bras et attendre que l’homme pourvoie aux besoins de la famille. Surtout ici en Afrique. C’est souvent la raison pour laquelle la femme est minimisée, voire maltraitée, quand elle ne se donne pas les moyens de contribuer aux ressources du ménage.

Mais si la femme se prend en charge, si la femme travaille, entreprend, là elle est considérée : par sa famille, ses enfants, la communauté… C’est elle la femme courageuse, celle qui se réveille tôt le matin pour aller chercher le pain pour ses enfants et son mari.

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