SEDA – Small Enterprise Development Agency

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Rencontre avec Denise, responsable partenariats & marketing de l’agence de Cape Town, Western Cape.

Qu’est-ce que SEDA ?

La Small Enterprise Development Agency (SEDA) est une organisation gouvernementale établie en décembre 2004. SEDA possède 9 bureaux provinciaux, 42 branches, 41 centres d’information pour les entreprises et 30 incubateurs de technologie répartis dans toute l’Afrique du Sud.

La mission de cette organisation ? « To develop, support and promote small enterprises to ensure their growth and sustainability in co-ordination and partnership with other role players ».

Malgré une attention particulière portée aux femmes entrepreneures, SEDA propose des formations variées aux micro, très petites, petites et moyennes entreprises tenues aussi bien par des hommes que des femmes. D’après Denise, aujourd’hui le centre d’attention est passé de la micro/petite entreprise à la moyenne entreprise. En effet, le pays a besoin de créer des emplois rapidement. Or il faut beaucoup de temps avant qu’une micro-entreprise d’une personne puisse embaucher des salariés. SEDA se concentre donc aujourd’hui essentiellement sur les entreprises déjà établies afin de les renforcer et de les faire croître pour qu’elles puissent créer plus d’emplois.

A quels besoins répond SEDA ?

SEDA apporte des services de support aux entreprises à chaque phase de leur cycle de vie. Les formations sont délivrées soit par des Business advisors internes  à l’organisation, ou alors par des partenaires externes pour des interventions plus spécifiques.

Quatre programmes sont ainsi proposés :

1)      Business talk – phase « pré start-up »

Ce sont des conseils et informations sur la création d’entreprise : De quoi ai-je besoin pour démarrer mon business ? Mon idée est-elle viable ? Qu’est-ce qu’un incubateur ? Dois-je me lancer dans la coopérative, l’entrepreneuriat ou bien la franchise ? Comment mener une étude de marché ?

2)      Business Start – phase « start-up »

Ce sont des formations techniques sur la création d’entreprise : Comment rédiger un Business Plan ? Comment enregistrer mon entreprise ? Comment financer et manager mon business ? Quelle stratégie marketing dois-je mettre en place ? Comment devenir franchisé ? Comment reprendre une entreprise ?

3)      Business Build – phase « established business »

Ce sont des formations pour renforcer la performance de l’entreprise : Comment structurer et améliorer mon business ? Comment développer mon réseau ? Comment établir un appel d’offre et me préparer à l’exportation ?

4)      Business Grow – phase « business expansion »

Ce sont des formations concernant la stratégie d’expansion de l’entreprise, mais aussi une évaluation de l’entreprise et la mise en place d’un système de mentoring : Comment développer mon entreprise ? Quelle stratégie de croissance est adaptée ? Comment adapter le management de mon business à sa croissance ?

A cela s’ajoutent deux programmes plus spécifiques :

SEDA technology programme

Créé dans le but de favoriser le transfert de technologies aux petites entreprises afin d’améliorer leur performance, mais aussi de favoriser l’innovation.

The cooperatives and Community Public Private partnership programme

C’est un programme de soutien aux coopératives des zones rurales. L’accent est mis sur quatre activités majeures que sont l’agriculture, le tourisme, les services, et l’exploitation minière. D’après Denise, ce programme a du mal à se mettre en place car l’émulsion est difficile entre toutes ces personnes d’origines et de cultures différentes. Avoir un partenaire de business est déjà souvent délicat, imaginez une coopérative de cinq ou six personnes avec des idées divergentes… c’est un gros challenge !

Vous qui travaillez chez SEDA, que pensez-vous des opportunités qui existent en Afrique du sud pour les femmes entrepreneures ?

Pendant des années les femmes noires ont été désavantagées. Depuis les années 2000 les choses s’améliorent, même si les femmes blanches ont toujours plus d’avantages par rapport aux femmes noires et « coloured », notamment en ce qui concerne l’accès aux services financiers. Mais ce n’est rien comparé aux inégalités d’avant 1994.

D’autre part, il y a un nombre grandissant de programmes de soutien à l’entrepreneuriat, aussi bien publics que privés :

- Le Gouvernement a lancé de nombreux programmes de mentorship, mais a également créé la Business Women Association ou encore le South African Women Empowerment Network (SAWEN).

- Les grandes entreprises s’intéressent de plus en plus à l’entrepreneuriat féminin. C’est le cas par exemple de la compagnie d’assurance Old  mutual, une des plus importantes d’Afrique du Sud. Old Mutual a établit un fond spécifique pour les femmes entrepreneures et plus particulièrement pour les femmes des régions rurales. Ce fonds est destiné à financer les actifs ou encore le besoin en fond de roulement (qui est très difficile à financer dans ce pays).

Il y a donc de nombreux programmes de soutien, mais malgré tout je pense qu’il y a encore une réticence très ancrée des femmes pour saisir ces opportunités, due à leur manque de confiance en elles. De nombreuses études ont mis en évidence les besoins en « soft skills », ces qualités personnelles et interpersonnelles cruciales pour gérer sa propre entreprise et avoir l’audace de se lancer. Aujourd’hui tout le support en « hard skills » ( = compétences techniques) est là : comment gérer son business, comment changer d’échelle, les supports opérationnels et financiers… Mais les entrepreneures manquent encore cruellement de « soft skills ». Cela ne date pas d’hier et est particulièrement ancré chez les femmes noires, si vous aviez vécu du temps de l’Apartheid, vous comprendriez ce dont je veux parler.

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