Boost Fellowship

Boost fellowship

Nous avons rencontré Saliwe, directrice du Boost fellowship, mais aussi responsable nationale d’Enactus pour le Zimbabwe, un réseau international qui développe les qualités entrepreneuriales chez les étudiants.

Pouvez-vous nous parler de Boost Felowship ?

Boost fellowship a été créé en 2000. Boost est un acronyme pour « Building Opportunities On Student Talent ». Nous travaillons donc principalement avec des étudiants à l’université. L’organisation a été créée pour combler le fossé entre les connaissances théoriques qu’ils apprennent à l’école et les compétences qu’ils se doivent d’acquérir avant de commencer à travailler. Il s’agit principalement de développer leurs soft skills : comment communiquer, interagir avec des gens dans le milieu de l’entreprise…

D’autre part, en raison de notre situation économique, la plupart des jeunes qui profitaient de nos programmes ne trouvaient pas d’emploi à la sortie de leurs études. C’est à ce moment-là que nous avons créé la branche « entrepreneuriat » de notre activité.

Ce programme forme les étudiants aux diverses étapes de la création d’entreprise : de l’émergence de l’idée, à l’étude de marché, au plan de trésorerie… Mais également comment construire un business plan qu’ils pourront utiliser auprès de financeurs potentiels. L’objectif est de leur permettre de lancer leur propre entreprise dès la sortie de l’université.

Nous travaillons avec 10 universités du pays. Chaque année, nous formons donc 300 à 400 étudiants sur le programme entrepreneuriat. Pour le rendre plus attractif, nous organisons tous les ans un challenge ou les étudiants soumettent leur business plan à des juges qui sélectionneront les dix meilleurs. Les 10 finalistes peuvent ensuite soutenir leur idée d’entreprise et leur business plan devant un groupe de panelistes. Les trois premiers remportent les fonds nécessaires au lancement de leur entreprise. Ce prix est garanti grâce à un partenariat avec une banque locale, la CBZ.

L’année dernière, nous avons également remarqué qu’un besoin existait en termes de gestion financière. Beaucoup d’étudiants savaient comment démarrer leur entreprise mais avaient du mal à utiliser l’argent ainsi généré à bon escient. Nous avons donc lancé un nouveau programme pour répondre à ce besoin. Il s’agit d’une formation purement financière qui aborde différents sujets : économiser, investir dans le développement de l’entreprise…

Combien de personnes travaillent pour Boost ?

Nous avons 6 membres qui travaillent à plein temps sur les tâches suivantes : analyse des soft skills nécessaires pour augmenter l’employabilité des étudiants, organisation et développement de nos programmes… Nous gérons chaque université différemment : chaque personne est donc responsable de deux ou trois universités et du déploiement de nos programmes au sein de celles-ci.

De plus, nous nous reposons beaucoup sur des consultants extérieurs, à qui nous faisons appel en fonction de nos besoins pour venir former les étudiants. Nous avons également ce que nous appelons des « faculty advisors » qui nous aident à répliquer nos différents programmes dans leurs universités.

Comment avez-vous créé votre curriculum ?

Les membres de Boost ont  travaillé main dans la main avec nos consultants sur notre « manuel d’entrepreneuriat ». Nous avons également utilisé des résultats de recherche provenant d’autres pays pour découvrir leurs méthodes, comment ils transmettaient ce genre de connaissances avant de l’adapter à notre réalité locale.

Le programme « entrepreneuriat » dure cinq jours. Un workshop est organisé tous les trois mois minimum.

La formation « finance » est quant à elle dispensée une fois par mois et dure deux jours.

Ces deux formations sont en général combinées sur 7 jours d’affilés.

Avez-vous beaucoup de femmes qui participent aux workshops ?

Malheureusement non ! Je dirais que nous avons seulement 30-40% de femmes. Les étudiantes ne sont pas très enthousiastes à l’égard du programme : nous devons véritablement les pousser pour qu’elles acceptent de l’intégrer.

Je pense malgré tout que l’esprit entrepreneurial se développe parmi les jeunes filles. Elles ont accès à beaucoup plus de modèles qu’auparavant, notamment via nos alumni. Il y a également beaucoup plus d’organisations qui soutiennent l’entrepreneuriat féminin (AWEP, PROWEB…).

Si les activités informelles (ventes, commerce inter-frontières…) étaient jusqu’à maintenant les plus représentées, les femmes intègrent de plus en plus des secteurs reconnus et formels et développent des activités à plus large échelle (agriculture, nouvelles technologies…).

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