Camfed

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Nous avons rencontré Sinikiwe, qui travaille pour l’organisation « Campaign for Female Education » (Camfed).

I-                    Histoire de Camfed

Camfed a été créée en 1992 par Ann Cotton. Lorsque cette jeune étudiante anglaise s’est rendue au Zimbabwe en 1991 pour effectuer une recherche sur la scolarisation des jeunes filles en zones rurales, elle s’est rendue compte que nombres d’entre elles n’allaient pas à l’école. Elle découvrit que la raison majeure de ce phénomène était liée à la pauvreté : en effet, les parents ne pouvant pas se permettre de payer les frais de scolarité ou encore les livres de tous leurs enfants, ils devaient  souvent faire le choix d’envoyer leurs garçons à l’école plutôt que leurs filles. Non pas qu’ils n’aimaient pas leurs filles, mais parce qu’ils devaient penser les frais liés à l’éducation en termes de bénéfices futurs pour la famille. Ainsi, une fois adulte, un garçon sera d’une part plus à même de trouver un travail, mais surtout restera dans la famille et pourra faire vivre ses parents retraités, tandis qu’une fille, une fois mariée, ira vivre dans sa nouvelle famille. En investissant dans l’éducation d’un garçon, il y avait donc des perspectives de bénéfices plus importantes pour le futur de la famille.

Ann Cotton a alors commencé à lever des fonds pour l’éducation des jeunes filles en zones rurales, en commençant par la zone de Chimanimani, à l’est du pays. Elle a ensuite étendu le programme à plusieurs provinces du Zimbabwe. Camfed s’est développée et est aujourd’hui présente dans cinq pays : Zimbabwe, Ghana, Tanzanie, Zambie et Malawi.

II-                  Mission

La mission principale de Camfed ? Permettre aux jeunes filles d’aller à l’école.

Camfed part du principe que les jeunes filles sont les principales victimes de toutes sortes d’abus. Par exemple, en fonction des différentes traditions ou religions, une famille aura tendance à marier une jeune fille très tôt afin d’économiser de l’argent. Pendant les périodes de famine notamment, une enfant mariée c’est une bouche de moins à nourrir…

Camfed opère dans les régions rurales, où les jeunes filles rencontrent le plus de difficultés. Elles manquent par exemple cruellement d’éducation sur des sujets  primordiaux tels que la puberté, l’adolescence, ou encore la santé, la reproduction…

III-                Programmes

L’organisation propose divers programmes, à commencer par une aide financière pour permettre aux jeunes filles des familles les plus pauvres de se rendre à l’école. Camfed travaille en coopération étroite avec les communautés. Ce sont les habitants des communautés qui font appel à Camfed pour scolariser telle ou telle jeune fille. Si les fonds nécessaires sont disponibles, l’organisation couvre également les frais de scolarité pour l’éducation supérieure de ces jeunes.

D’autre part, Camfed soutient l’autonomisation économique des femmes à travers des programmes de formation à l’entrepreneuriat. En effet, d’après Sinikiwe, l’autonomisation économique est le moyen pour les femmes d’éviter les abus : « si tu n’as rien dans tes poches, tu es dépendante, et tu seras plus à même d’être une victime. Mais si tu as de l’argent, tu es en position pour dire non, tu peux choisir ce que tu veux faire, tu peux faire entendre ta voix. »

Parmi ses 10 000 membres, Camfed forme ainsi des « championnes » élues par leur communauté pour suivre le programme « Train the trainer ». Ces jeunes filles qui se démarquent par leur qualité de leadership reçoivent quatre fois par an des formations sur des sujets variés, et deviennent ensuite les porte-paroles transmettant les connaissances ainsi acquises auprès de leur communauté. Il en va de même pour les jeunes entrepreneures qui peuvent partager leurs compétences en management, finance…

Le but est de développer les compétences des jeunes filles afin de les intégrer au marché du travail. Elles deviennent alors des sources de revenus pour leur famille, et leur mariage est ainsi retardé.

Camfed distribue également des bourses pour leur permettre de démarrer des entreprises ou encore des crédits pour les développer.

Enfin, Camfed a développé une branche pour ses alumni : CAMA. Ce réseau permet aux diplômées des zones rurales de se soutenir les unes les autres.

IV-               Fonctionnement

Des comités locaux de Camfed identifient les besoins de chaque communauté et font ensuite appel aux partenaires adéquats pour délivrer les formations.

L’organisation  s‘appuie ainsi sur différents minitères : les « Ministry of Women Affairs », « Gender & Community development », « Ministry of Youth »… Camfed fait également appel à des organisations compétentes en ce qui concerne le développement entrepreneurial.

Il y a deux types de formations proposées :

-          Celles répondant aux challenges des diverses communautés

Par exemple à Mutare, un problème de tenue de comptes avait été détecté pour plusieurs entrepreneures, et une formation sur le sujet a ainsi été mise en place.

-          Celles répondant aux challenges des divers types de business

VI-               Femmes et entrepreneuriat

Pour Sinikiwe, l’entrepreneuriat féminin au Zimbabwe connait une croissance sans précédents. Il y aurait même selon elle plus de femmes entrepreneures aujourd’hui que d’hommes. Partout dans le pays, même dans les zones rurales, on trouve des femmes qui se débrouillent pour rapporter de l’argent, que ce soit à petite ou à plus grande échelle.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : les ravages du SIDA ont laissé de nombreux foyers sans hommes. Les mères apprennent alors à leurs enfants, et notamment à leurs filles, à ne pas se lamenter, mais au contraire à utiliser les ressources dont elles disposent pour  s‘en sortir.

Une mère est également peut-être plus sensible aux conditions de vie de ses enfants : elle fera tout pour mettre de la nourriture sur la table et ne pas envoyer son enfant se coucher le ventre vide. Les femmes aujourd’hui se battent donc aux côtés de leur mari pour subvenir aux besoins de leur famille et tenter d’éradiquer la pauvreté au sein de leur foyer. Elles ne restent pas assises chez elles mais agissent dans ce sens.

Le conseil de Sinikiwe ? « Tant que nous avons nos mains, de bons yeux, et nos jambes, les choses iront bien et nous pourrons entreprendre à petite échelle pour apporter de l’argent à nos familles.  Grandissez, développez vos entreprises hors de vos communautés et challengez celles à qui l’on a apprit à rester chez elles ! »

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