Coletta – Party 4 Hire

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Parlez-nous de votre entreprise

Nous offrons le matériel nécessaire à l’organisation de cérémonies privées ou d’entreprise : fêtes pour les diplômés, mariages, soirées d’anniversaire… Nous avons tout l’équipement nécessaire, depuis les tentes, aux chaises, tables… que les gens peuvent soit acheter, soit louer.

Nous offrons également des services de décoration : des packs complets, des décorations florales en accord avec le thème de la cérémonie.

Enfin, nous offrons un service de restauration (petit-déjeuner, déjeuner, snacks, dîner).

Comment vous êtes-vous lancée ?

J’ai commencé à songer à cette idée vers l’an 2000, juste avant de me marier. En effet, ma mère organisait régulièrement de grandes cérémonies. Cela m’a donné envie de faire la même chose. J’ai commencé par acheter une maison avec piscines et à investir dans du matériel, mais malheureusement au bout de trois ans, je n’avais toujours pas organisé de cérémonie. J’avais tous ces équipements chez moi mais je ne les utilisais pas. Je voyais seulement mon argent investi dans tout ce matériel, sans résultats.

Un jour j’ai assisté à un enterrement, et je me suis rendue compte que l’amie qui l’organisait s’était procurée une grande quantité d’équipement pour accueillir les gens (machines à café, buffet…) Je l’ai questionné sur la provenance de son matériel et elle m’a répondu qu’elle l’avait loué à une entreprise. Pour moi ce fut vraiment la sonnette d’alarme : j’ai alors réalisé qu’il fallait que je me réveille et que j’exploite les ressources que j’avais en ma possession ! C’est après cela que je me suis lancée.

Comment se sont passés vos débuts ?

Avec mon mari, nous avons déménagé dans une nouvelle maison. Elle était vraiment grande et aménagée idéalement pour y établir mes locaux. Nous avions tellement de place que nous n’utilisions pas tout ! J’ai donc commencé à y stocker tout mon matériel. J’ai ensuite mis une annonce dans le journal pour de la location d’équipement et j’ai attendu de voir ce que ça allait donner. Les gens ont commencé à m’appeler en demandant par exemple 300 ou 400 chaises, stock que je n’avais pas à l’époque. Je savais donc qu’il y avait une demande importante et qu’il fallait que je développe mon activité pour pouvoir y répondre.

A mes débuts j’étais seule et je faisais tout. J’étais toujours salariée d’une entreprise, je recevais donc mes clients sur rendez-vous, lors de ma pause déjeuner de 13h à 14h, ou bien après le travail entre 17h et 18h. En 2008 j’ai engagé quelqu’un. Aujourd’hui nous sommes quinze à temps plein, et nous employons parfois des personnes en extra lorsque la demande est trop importante.

A quels challenges avez-vous fait face ?

Le plus dur a été l’intrusion de ma vie professionnelle dans ma vie personnelle. En effet, les clients appelaient à toute heure du jour et de la nuit. Mais à partir du moment où j’avais mis des annonces dans le journal, je ne pouvais plus reculer. J’ai reçu des appels au milieu de la nuit, tôt le matin ou encore au travail, pendant que j’étais en réunion.

De plus, même si j’indiquais que j’étais disponible seulement sur rendez-vous, certains venaient chez moi à tout moment, et une fois qu’ils sonnaient à l’interphone, même à une heure tardive, je ne pouvais pas les ignorer.

Certains clients allaient même voir mes enfants à la sortie de l’école pour s’informer, ou même critiquer. Ils leur posaient toutes sortes de questions, et vous savez comment sont les enfants… les miens étaient jeunes à l’époque et ne tenaient pas leur langue. Avant même de le savoir j’étais donc devenue une personne publique. Ça a vraiment changé mes habitudes de vie.

Nous avons fini par déménager dans nos propres locaux en 2011, soit cinq ans après que j’ai commencé. Nous avons alors engagé un gardien de sécurité qui se chargeait de faire respecter les horaires d’ouverture et de fermeture. En revanche, les appels se sont multipliés à mesure que nous utilisions les réseaux sociaux. Les clients veulent des réponses dans la minute. Vous pouvez être au téléphone, ou en train de rédiger un email à un client, un autre vous enverra un message en demandant une réponse au mail qu’il vient juste d’envoyer ! C’est beaucoup de pression.

Quels canaux de communication utilisez-vous ?

J’ai étudié l’économie et j’ai travaillé trois ans en ventes, puis neuf ans en marketing avant de monter mon entreprise. Grâce à ce parcours, c’était plutôt facile pour moi de gérer ma communication.

Nous utilisons principalement des cartes de visites que nous distribuons systématiquement à chaque visiteur. Lors d’un événement, nous en disposons sur le buffet et près de la déco, afin que les gens puissent se servir. Dès que mon équipe se déplace sur un événement, ils en emportent également avec eux et portent des vêtements brodés au nom de l’entreprise.

Nous participons à des expos en lien avec notre travail, nous avons une bannière devant notre local, un site internet actif et des partenaires qui relaient notre lien sur leur propre site. Enfin, nous publions des annonces dans les journaux locaux deux fois par semaine depuis 2005.

Avez-vous reçu de l’aide pour le lancement de votre entreprise ?

J’ai vraiment lancé cette entreprise grâce à mes propres économies. J’avais en effet mis de l’argent de côté depuis plusieurs années. Aujourd’hui encore j’accorde une grande importance à l’épargne. Chaque année je prépare le plan financier pour l’année d’après. Je regarde ce que je veux acheter, combien cela va me coûter, comment je vais échelonner les dépenses. A la fin de chaque mois je mets donc de côté pour réaliser mon objectif, et je verse mon salaire avec ce qu’il reste.

Je fais néanmoins partie du réseau Proweb, qui est une organisation pour les femmes d’affaires. Au Zimbabwe, les hommes ont l’habitude de se retrouver au golf mais les femmes ont peu de points de rencontres. Grâce à Proweb nous nous retrouvons lors de déjeuners autour d’un intervenant qui nous inspire. Nous nous rassemblons lors de nos propres événements et nous soutenons ainsi mutuellement.

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin au Zimbabwe ?

Je pense qu’il se développe de plus en plus. Il y a quelques années, il y avait de nombreuses femmes au foyer. Aujourd’hui ces mêmes femmes sont plus éduquées, ont plus d’expérience et travaillent souvent en parallèle. Certaines créent même leur propre entreprise. Je n’aurais jamais pensé quitter mon emploi avant quarante ans pour lancer ma propre affaire, mais je suis contente de l’avoir fait. Ce n’est pas encore une très grande entreprise, mais c’est beaucoup de satisfaction !

Quelles sont selon-vous les qualités d’un/une entrepreneur(e) qui réussit?

Je pense qu’il faut être un bon leader. Cela demande de la détermination et de la clairvoyance sur ce que vous voulez faire. Si vous avez un objectif clair, les autres comprendront vos actions, reconnaîtront vos efforts et vous suivront donc plus facilement.  S’ils ont eux-mêmes des difficultés, ils viendront vous voir pour vous demander des conseils. Il faut être à l’écoute de votre environnement pour pouvoir diriger une entreprise qui fonctionne.

De plus, la discipline et l’intégrité sont pour moi des valeurs qui permettent de faire grandir une entreprise.

Un conseil ?

Aux vues de l’économie actuelle, il semble peu judicieux de se lancer dans des produits ou services de luxe, car il n’y aurait pas assez de demande sur ce segment. Je pense que l’important est de se concentrer sur ce dont les gens ont besoin dans leur vie de tous les jours.

Alors, à toutes celles qui ont une idée en tête : lancez-vous ! Ce que j’ai appris au-cours des dernières années c’est l’importance des premiers pas. Même à petite échelle, une fois que vous avez commencé et que vous vous êtes exposée, vous pouvez confirmer ou non qu’il y a un besoin sur le marché. Si je ne m’étais pas lancée, est-ce que j’aurais su cela ? Probablement pas. Vous devriez laisser une chance à cette idée qui vous trotte dans la tête !

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