Zimbabwe Chamber of Informal Economy associations

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Lors de notre séjour au Zimbabwe, nous avons été confrontées à un problème de taille : le taux de chômage extrêmement élevé et l’expansion massive de l’économie informelle qui en résulte. La ZCIEA a alors été créée pour répondre à ce problème.

Création de la ZCIEA

La ZCIEA a été formée en réponse directe à l’effondrement des configurations formelles, à la suite du programme d’ajustement structurel de l’économie. Fermetures d’entreprises, licenciements et incapacité des structures formelles à absorber les demandeurs d’emploi ont donné lieu à une expansion massive de l’économie informelle. En effet à l’heure actuelle, le taux de chômage du Zimbabwe s’élève à 80%.

Au vu de la marginalisation de ce secteur qui manque de protection sociale et de sécurité des revenus, un groupe de 22 associations d’entreprises informelles s’est réuni pour former la ZCIEA en 2002.

Vision & Objectifs

La mission principale de l’association est de réduire la pauvreté par la transformation des activités économiques informelles en activités principales formelles.

Pour ce faire, la « Chamber of Informal Economy » fait pression et défend les travailleurs de l’économie informelle contre un environnement législatif hostile qui affecte leurs opérations.

Actions

Afin de permettre un changement d’échelle et le passage de l’économie informelle au secteur formel, la ZCIEA se charge de l’organisation, l’éducation, la défense, l’autonomisation et la représentation du secteur.

1)      Organisation

La ZCIEA cherche à réunir l’ensemble des acteurs de l’économie informelle pour organiser ce secteur. Elle a par exemple permis l’accès à des infrastructures, ou encore la création d’une structure de micro-crédit pour financer l’activité de ses membres.

L’association effectue des études de marché régulières auxquelles les membres peuvent avoir accès pour développer et améliorer leur business. La réunion de tous ces acteurs permet en effet le partage d’informations bénéfiques à tous.

2)      Education & autonomisation

La ZCIEA donne accès à l’éducation syndicale et au développement des compétences entrepreneuriales à travers différents programme de formation (business management, finance…), ateliers, séminaires.

La chambre organise également des présentations et des expositions permettant de développer de nouvelles opportunités pour ses membres.

De manière générale, le but est donc de faciliter l’accès aux ressources sociales et économiques afin d’étendre les services sociaux aux personnes marginalisées du Zimbabwe.

3)      Représentation & Défense

La ZCIEA représente l’association des commerçants de l’économie informelle pour la réalisation de ses principes et objectifs au niveau local, régional, national, et international.

Elle protège les intérêts des opérateurs de l’économie informelle au Zimbabwe via du lobbying contre certaines lois restrictives empêchant leur développement.

Qui peut devenir membre ?

La ZCIEA offre des possibilités d’adhésion à tous types de personnes : vendeurs de rues, constructeurs, charpentiers, agriculteurs… Ou tout autre type d’activité informelle.

Les membres sont recrutés directement dans la rue, via des flyers ou l’organisation de séminaires. Le but est de leur faire découvrir l’association et les avantages qu’ils peuvent en tirer. Un nouveau moyen de « recrutement » va également être mis en place prochainement : une vidéo va être montée avec des témoignages, une présentation de l’organisation… puis partagée sur internet et copiée sur des DVDs qui seront distribués.

Qui fournit les différents services ?

Il existe différentes chambres (« pour la jeunesse», « pour les femmes »…) qui identifient des besoins spécifiques et organisent des formations adaptées.

Les formations ont toujours pour but de former des formateurs. Une fois les potentiels formateurs identifiés, ils participent aux trainings à Harare avant de répandre les compétences ainsi acquises. En effet, la ZCIEA n’a pas les moyens d’atteindre l’ensemble du territoire. Cette solution permet ainsi de ne pas laisser de côté les personnes dans les zones rurales du pays.

D’où viennent les ressources de l’association ?

Un petit pourcentage des ressources provient des cotisations des membres. L’association fait également appel aux dons et financements extérieurs (Norwegian people aid, Streetnet international, International labour organisation…). C’est d’ailleurs un élément clé pour permettre leur activité. En effet, l’association a énormément grossit, passant ainsi de 10 000 à plus de 100 000 membres en peu de temps. Les sources de revenus n’ont pour autant pas évoluées et doivent servir un nombre beaucoup plus important de personnes.

La ZCIEA n’emploie qu’une secrétaire à temps plein. Son activité repose donc totalement sur le volontariat des membres. Par exemple, nous avons rencontré Talent qui travaille à temps plein mais n’est pas rémunéré pour cela, faute de moyens. Il travaille donc en parallèle de son business car il  doit continuer à subvenir aux besoins de sa famille.

Est-ce difficile d’enregistrer une entreprise au Zimbabwe et d’intégrer le secteur formel ?

Selon Talent, ce n’est pas difficile en théorie mais le système n’est pas très permissif ou aidant envers ce type d’entrepreneurs. De nombreux prérequis doivent être remplis pour permettre l’enregistrement (notamment en terme de capital). De plus, l’enregistrement ne donne pas accès au financement et il est extrêmement difficile d’obtenir un crédit pour lancer ou même développer son activité. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’association œuvre également au niveau légal : afin de faire évoluer le système en faveur des entrepreneurs.

La ZCIEA a-t-elle un programme spécifique pour les femmes entrepreneures ?

Une des chambres de l’association travaille sur les problématiques de l’égalité des sexes. Celle-ci a par exemple organisé en septembre un « train the trainer » pour former les femmes aux nouvelles technologies.

D’après Talent, une grande importance est accordée à cette représentation féminine. Selon la politique de la ZCIEA, 50% des membres doivent être des femmes. Actuellement il y aurait 65% de femmes, dont la présidente.

Selon Talent, cette représentation féminine est une très bonne chose. En effet, pour lui, les femmes constituent de très bonnes entrepreneures car elles sont dévouées, prêtes à faire des sacrifices pour atteindre leur objectif. L’engagement de Talent en faveur de l’égalité des sexes fait souvent sourire car il est rare de voir un homme aussi impliqué envers cette thématique. « Mon expérience m’a pourtant prouvé que les femmes sont de meilleurs leaders que les hommes. Si vous placez une femme en position de leadership, vous obtenez des résultats. Si vous placez un homme à cette même position, vous obtenez des problèmes ».

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