Carmen – gérante d’une auberge

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Carmen est la gérante d’ une auberge dans la ville très touristique de Cusco.

Pouvez-vous nous parler de votre entreprise ?

Je gère une auberge dans le quartier touristique de San Blas à Cusco. J’ai commencé à travailler pour mon beau père dans son auberge de jeunesse et petit à petit, j’ai commencé à gérer ma propre affaire. Cela s’est fait progressivement, chambre par chambre. J’ai commencé en 1998 grâce à l’aide de mon père. C’est lui qui m’a donné le terrain sur lequel est bâtie l’auberge pour que je puisse me lancer. En effet, notre maison se lègue de génération en génération et nous vient de mes grands-parents. Pendant longtemps, j’ai partagé la maison avec les touristes : cuisine, salon, jardin…Puis nous avons construit une annexe pour donner un peu d’intimité à ma famille. Nos chambres se trouvent donc à l’arrière du bâtiment. Pour le reste, nous continuons à vivre dans cette idée de partage de l’espace avec nos hôtes.

Et justement, n’est-il pas difficile de séparer vie privée et vie professionnelle dans un tel milieu?

Cela ne me pose aucun problème car j’aime ça ! J’ai grandi dans une famille nombreuse, en ayant toujours énormément de monde autour de moi. Je pense que cela m’a aidée et me permet aujourd’hui de pouvoir accueillir les gens chez moi et partager le même espace.

Quelles ont été vos motivations pour créer votre propre entreprise ?

Sans hésiter mes enfants ! J’ai véritablement monté cette entreprise pour en faire bénéficier ma famille. C’est la raison pour laquelle je prends autant de plaisir à faire ce que je fais : cette activité me permet de veiller à leur éducation en payant leurs frais de scolarité mais aussi de leur apporter une expérience de vie en leur montrant comment gérer un business. J’aime aussi l’idée de pouvoir mener de front vie professionnelle et vie de famille dans le même espace, sans avoir à me partager.

Il semble avoir beaucoup de compétition à Cusco en termes d’auberges, quelles sont vos forces ?

Je suis une des premières à avoir ouvert une maison/auberge. Je vis avec les touristes et je pense que c’est la clé de notre succès ! Je considère le touriste qui loge chez moi comme un membre de ma famille et nous portons une attention particulière à leur bien-être.

D’autre part, je pense que les valeurs sont très importantes : honnêteté, confiance… Cela fait beaucoup, surtout dans le domaine du tourisme !

J’ai également un diplôme d’anthropologie et je pense que cela m’aide dans mon travail pour voir et comprendre les différences culturelles. J’aime beaucoup partager avec les gens d’autres nationalités sur leur culture, leurs manifestations culturelles…

Enfin, je pense que le charisme permet de faciliter le contact avec la clientèle.

Avez-vous reçu de l’aide pour la création de votre entreprise ?

J’ai reçu beaucoup d’aide de mes proches : mon père pour le terrain, mon beau-père pour l’expérience… Mais également des amis qui nous ont aidé avec le mobilier : dons de matelas, lits pour meubler nos chambres d’hôtes.

En revanche, nous n’avons pas reçu d’aide de la part d’un quelconque programme d’aide aux entrepreneurs ni même de la banque pour le financement. Comme nous n’avions rien, nous avons commencé avec une chambre, puis avec les revenus dégagés nous avons pu préparer une deuxième chambre et ainsi de suite.

Quels sont vos objectifs pour la suite ?

Continuer à grandir et développer mon activité. En effet, mon principal objectif est de pouvoir éduquer mes quatre enfants, les aider financièrement jusqu’à ce qu’ils deviennent des professionnels reconnus capables de se débrouiller seuls. De plus, j’aimerais beaucoup qu’au moins un de mes enfants reprenne l’affaire pour qu’elle devienne « l’entreprise familiale ».

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin au Pérou ?     

Quand j’ai commencé il y avait très peu de femmes entrepreneures ! Mais j’ai le sentiment que depuis les années 2000, cette tendance se développe. Les femmes ont aujourd’hui plus d’options. Il y a notamment des programmes et des structures qui les aident à entreprendre, à se projeter comme chef d’entreprise… Les financements sont également plus simples à obtenir de la part des banques ou des caisses municipales pour les aider à débuter.

Enfin, avez-vous un conseil pour quelqu’un souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat ?

A mon avis, il ne faut pas rester en retrait et il faut être persévérant. Cela fait beaucoup et joue sur les objectifs que vous pouvez ou non atteindre.

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