Jesusa – tisseuse

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Le tissage est une activité très répandue dans la sierra péruvienne. La tradition des textiles à motif remonte à l’époque des Incas. Ponchos, pulls, gants… et bien entendu les fameux bonnets (chullos) ! On en trouve sur tous les marchés, et à tous les coins de rue des femmes vendent leur production. Nous avons ainsi rencontré Jesusa dans le quartier San Cristobal de Cusco.

Parlez-nous un peu de vos produits

C’est moi qui fais tous ces articles. Je couds ces gants à la main par exemple, il me faut une journée pour le faire. En revanche, les gros articles comme les pulls, je les fais à la machine à tisser.

Il y en a de toutes les tailles et j’utilise plusieurs types de laine : la laine d’alpaga (la plus chaude), de baby alpaga (la plus douce) mais aussi l’acrylique. Je fais souvent des mélanges entre plusieurs types de laines pour pouvoir m’adapter aux attentes des touristes en termes de prix. En effet, en raison du prix des matières premières, un pull 100% baby alpaca ne se vendra pas assez cher pour faire du bénéfice ! J’achète la laine dans un local de Cusco où l’on trouve tout le matériel nécessaire pour tisser.

Quand avez-vous commencé ?

J’ai commencé à tisser à vingt ans, et aujourd’hui j’en ai quarante-cinq ! Mes parents savaient tisser et j’ai appris en les regardant faire, en étudiant les motifs faits à la machine. Si un touriste me demande de lui coudre un modèle particulier, je suis capable de le faire.

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées en vous lançant ?

Je n’avais pas de capital donc c’était difficile de pouvoir louer un emplacement pour vendre mes produits. Par exemple, en bas, sur la Plaza Mayor, c’est vraiment trop cher. C’est un endroit très touristique qui concentre les touristes les plus riches, donc on peut faire de nombreuses ventes. Ici, c’est moins passant et c’est un quartier où il y a plutôt des gens avec peu de moyens, mais les tarifs sont abordables.

D’autre part à mes débuts j’avais peu de marchandise. Je travaillais toute la nuit pour pouvoir proposer du choix aux touristes, parfois je ne dormais même pas !

Avez-vous reçu une aide de la part d’une entité extérieure à vos débuts ?

Non, je n’ai reçu aucune aide. Aujourd’hui il y a de plus en plus d’aides, notamment de la part de la municipalité, mais avant il n’y avait rien.

Quelles ont été vos motivations pour entreprendre cette activité?

J’ai dû commencer à travailler pour mes enfants. En effet, mon mari nous a quittés donc il a fallu que je travaille afin que mes deux fils et ma fille aillent à l’école et ne se retrouvent pas dans la rue. J’ai beaucoup travaillé, car si tu ne travailles pas, tu n’as pas d’argent et tu ne peux pas éduquer tes enfants. Grâce à mon travail ils ont pu aller à l’école.

Aujourd’hui je suis un peu déçue car ils ont arrêtés leurs études à la fin du collège, mais grâce à Dieu ils ont un travail ! Les enfants de mon frère par exemple, ont persévérés et sont aujourd’hui de vrais professionnels.

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