Le Pérou – un peu d’histoire…

PEROU

Pour commencer, voici un bref historique du Pérou, à partir de la période des fameux Incas.

La domination Inca : 1438-1532

La légende raconte qu’à la tête de la tribu Inca se trouvaient quatre frères d’origine divine, descendants du dieu Soleil. L’aîné, Manco Capac, en était le grand prêtre. La tribu Inca serait originaire du Lac Titicaca, à 3800m d’altitude, et, sous la direction de Manco Capac, se serait déplacée vers le Nord à la recherche d’un Empire : la ville de Cuzco, fondée vers 1200.

Les Incas sont particulièrement reconnus pour leur qualité d’architectes, notamment pour leurs ouvrages colossaux réalisés à l’aide de blocs de pierres gigantesques. Le Machu Picchu en est la plus célèbre illustration. En ce qui concerne les sacrifices humains, ils étaient pratiqués par les prêtres lorsqu’un danger menaçait une région.

La domination Inca a duré un siècle et chaque peuple soumis devait allégeance à Cuzco. Leur maîtrise du milieu montagnard et de l’irrigation a amené les Incas à s’imposer aux tribus de la plaine et de la côte, et l’Empire s’est bientôt étendu sur la majeure partie des pays andins.

La conquête espagnole et la fin de l’Empire Inca : 1530-1572

Lorsque Francisco Pizarro et ses compagnons espagnols débarquent sur la côte Nord du Pérou en 1530, ils déclenchent une épidémie de variole chez les indigènes, à laquelle succombe Huayna Capac, alors à la tête de l’Empire Inca. Ses fils Atahualpa et Huascar s’engagent alors dans une lutte fratricide pour le trône. Atahualpa se fait proclamer Inca à Quito, tandis que Huascar prend la succession de son père à Cuzco mais se fait bientôt emprisonner puis assassiner par son frère.

De son côté, Pizarro capture Atahualpa, le condamne, puis l’exécute en 1533. L’armée espagnole se rend alors vers Cuzco. Tout au long du chemin, les populations asservies par les Incas se soulèvent et rejoignent les troupes du  conquistador. En novembre 1533, ils sont devant les portes de Cuzco et accueillis par Manco Capac II, qui a repris le trône après la mort des deux frères. Emerveillés par toutes les richesses qui sont à leur portée, les espagnols commencent à piller l’or des temples Incas. Réagissant à ces pillages, les Incas sont rapidement décimés par les conquistadors.

Pizarro, qui a obtenu du roi d’Espagne Charles Quint le titre de marquis, fonde alors sa capitale : la Ciudad de los Reyes (future Lima). Manco II quant à lui se rebelle et tente de reconquérir Cuzco. La bataille dure un an, entre 1536 et 1537 et se solde par la défaite des Incas, pris à revers par Almagro, ancien compagnon de Pizarro et conquérant du Chili. Ce dernier impose ses conditions et se fait proclamer gouverneur de Cuzco mais est mis à mort par les frères de Pizarro en 1538. Francisco Pizarro gère alors le pays en véritable souverain jusqu’à son assassinat par le fils d’Almagro en 1541.

Pendant ce temps, les Incas se sont réfugiés vers l’Amazonie et la guerre ne s’achève qu’en 1572 avec la capture et la mise à mort du dernier chef Inca, Tupac Amaru. Cet événement marque la fin de l’Empire Inca.

La domination espagnole et la colonisation : 1572-1740

Une vice-royauté du Pérou est mise en place et incite un nombre croissant de désœuvrés espagnols à émigrer, parfois par familles entières. Ils constituent alors une classe sociale supérieure tandis que les Indiens sont impitoyablement surexploités et décimés par les maladies.

En principe, la Conquista était subordonnée à l’évangélisation des Indiens. Dans la pratique, l’enseignement du christianisme passe au second plan, les espagnols ne cherchant qu’à s’enrichir. L’exploitation de la nouvelle colonie permet de remplir les coffres de la Couronne, notamment grâce aux richesses provenant de l’ancien Empire Inca. Chez les Incas, les morts étaient momifiés et enterrés avec leurs biens (objets de la vie courante) dans des cavités appelées « huacas ». Arguant du caractère idolâtrique des huacas, l’Inquisition espagnole n’hésite pas à les détruire ou à les piller, faisant affront à tous les peuples locaux. Le christianisme ne parvient finalement à s’implanter qu’en épousant les cultures ancestrales.

La marche vers l’indépendance : 1740-1821

Alors que la vice-royauté du Pérou connait presque deux siècles sans subir de révoltes, le début du 18e siècle voit les choses bouger. Les métis, dont le nombre progresse, subissent l’hostilité des communautés indiennes et ne trouvent pas leur place dans le système colonial. Quant aux créoles (Espagnols nés aux colonies), ils commencent à mal supporter le monopole commercial de l’Espagne.

Les premières révoltes viennent des Indiens mais sont impulsées par les métis et ce qu’il reste de la noblesse Inca. Toutes sont férocement réprimées mais ébranlent le système colonial. Les créoles profitent alors de la situation et, poussés par les idées révolutionnaires venues d’Europe et aidés par les armées des libertadores des autres pays, ils parviennent à s’emparer de Lima. Le général San Martin proclame ainsi l’indépendance du Pérou le 28 juillet 1821.

Des coups d’état militaires à la démocratie : 1821-1990

Après l’éviction des Espagnols, les libertadores se disputent âprement le pouvoir. Comme les Espagnols ont quasiment vidé le pays de ses ressources et que les guerres ont ruiné son économie, il est facile pour les Anglais, puis les Américains d’imposer leur volonté, notamment en ce qui concerne les matières premières. Ainsi, à partir des années 30, les variations du cours des matières premières se confondent avec crises sociales et une succession de renversements d’alliances politico-économiques (de généraux-présidents aux dictateurs), l’armée occupant le vide créé par l’absence d’institutions. La période de la Guerre froide voit également le géant américain soutenir les différents généraux en fonction de ses intérêts économiques et idéologiques.

L’élection en 1980 du président Belaunde marque le retour à la démocratie mais cinq ans plus tard le Pérou est toujours dans une situation économique catastrophique. Au-cours du mandat d’Alan Garcia, népotisme et corruption redoublent d’intensité. En parallèle, une terrible guerilla, Sendero Luminoso (Sentier Lumineux), d’origine maoïste, prend de l’ampleur et perpétue attentats et massacres, vivement réprimés par les forces de l’ordre.

Les années Fujimori : 1990-2000 

En 1990, c’est Alberto Fujimori qui est élu président avec 51% des voix face au célèbre écrivain Mario Vargas Llosa. D’origine japonaise, « El Chino » prend des mesures économiques drastiques et extrêmement impopulaires mais qui permettent de maîtriser l’inflation et de réduire la dette extérieure. Le gouvernement s’est parallèlement engagé dans une guerre totale contre le Sentier Lumineux et parvient à arrêter son leader. Fort de ces victoires, Fujimori est réelu en 1995 avec 64% des voix.

Cependant, les élections extrêmement troubles de 2000 et les scandales de corruption et de narco trafic soulèvent des protestations nationales et internationales, les grèves se multiplient et Fujimori démissionne en novembre 2000, depuis le Japon où il s’est réfugié. Il a finalement été condamné en 2010 à 25 ans de prison pour corruption et pour avoir autorisé la mise en place d’un « escadron de la mort » visant à supprimer les membres du Sentier Lumineux mais ayant tué plus de cinquante personnes n’ayant aucun lien avec l’organisation terroriste. On l’accuse également de détournement de fonds publics. Pourtant, l’ancien président compte toujours de nombreux partisans, qui voient en lui l’homme qui a abattu le Sentier Lumineux et relancé l’économie.

Le Pérou aujourd’hui

En 2005, 48% de la population du Pérou vivait encore sous le seuil de pauvreté. Après un mandat critiqué du président de gauche Alejandro Toledo, Alan Garcia retrouve le pouvoir en 2006 et rassure les investisseurs étrangers par sa politique ouvertement libérale. L’économie du pays décolle mais les scandales de corruption entre le parti présidentiel et l’administration en charge des concessions pétrolières en Amazonie entraînent des émeutes de la part des populations indiennes.

En 2011, le candidat nationaliste de gauche Ollanta Humala remporte la présidentielle, consacrant un retour de la gauche au pouvoir après 36 ans dans l’opposition. Grand thème de sa campagne : la lutte contre la corruption, le terrorisme et le narcotrafic. Humala promet également la mise en place d’un système gratuit d’éducation et de soins de santé, la revalorisation des salaires, la retraite à 65ans… Il promulgue aussi une loi assurant aux communautés indigènes qu’elles seront consultées avant tout grand projet de travaux ou d’exploitations des ressources naturelles sur leur territoire. Malgré quelques réformes désapprouvées, le président reste populaire mais les défis à relever sont nombreux : 1,3 millions de péruviens sont analphabètes, 8 millions de personnes sont au chômage et encore 12% de la population vit avec moins de 2$ par jour. Malgré tout, aujourd’hui l’inflation est maîtrisée, le taux de croissance s’élève autour de 6% depuis 15 ans et une classe moyenne importante émerge.

Le Pérou vit avant tout de la richesse de son sous-sol (1er producteur mondial d’argent, 2e pour le zinc et le cuivre). A elle seule, l’extraction minière représente 60% des exportations du pays. C’est donc le boom minier qui tire l’économie du Pérou, associé aux secteurs que sont le tourisme, l’agriculture,  et surtout la pêche (la mer du Pérou étant l’une des plus riches au monde en poissons).

 

D’après notre fidèle compagnon, le Guide du Routard

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