Carnet de route #11 : Sur le Lac Titicaca

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Partagée entre le Pérou et la Bolivie, notre dernière semaine était placée sous le signe de l’eau avec la découverte du fameux lac Titicaca !

S’étalant sur 200km de long et environ 8400km² (soit 15 fois le lac Léman !), le Titicaca est si grand qu’on croirait la mer : mouettes, plages, bruit du ressac… tout y est (ce qui n’est pas pour déplaire à notre vendéenne !). Pourtant, nous sommes à plus de 3800m d’altitude, ce qui en fait le plus haut lac navigable du monde ! Ses rives titillent également l’imaginaire et de nombreuses histoires et légendes ancestrales lui sont attachées : la mythologie inca y situe l’origine de la civilisation, et une partie du trésor des incas ainsi qu’une mystérieuse cité y seraient engloutis… De nos jours certains affirment même y avoir vu des signes d’activités extraterrestres ! Mais le Titicaca c’est aussi des paysages et une luminosité exceptionnels : eaux d’un bleu profond où se réfléchissent le ciel bleu de l’altiplano et les montagnes de la cordillère des Andes… Cela nous laissait rêveuses et nous nous devions de vérifier cela de nos propres yeux !

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Notre séjour commence donc à Puno, côté péruvien.  Nous y arrivons en bus (on ne change pas les bonnes habitudes !) après 6heures de route à travers les magnifiques paysages de l’altiplano. Fatiguées,  nous optons pour un dîner régénérateur… aux chandelles ! Et oui, il faut bien entretenir la flamme ;) Repues, nous essuyons notre première tempête de grêle sur le chemin du retour. Nous le découvrirons plus tard, mais le climat autour du lac est plutôt changeant et les orages fréquents…

Le lendemain, sous un ciel plus clément,  nous partons explorer la ville et surtout, son marché, dont nous tombons littéralement amoureuses. Apres avoir exploré les différents stands, nous nous attablons avec 4 grands-mères péruviennes pour partager un « almuerzo » typique : sopa mais/patate/blé + queso frito… et pomme de terre/riz ! Marie soulève une question intéressante : « tu crois qu’ici il y a énormément de très vieilles femmes ou qu’elles sont simplement très ridées ? » En effet, notre amie qui nous tend la sauce piquante semble approcher de son centième anniversaire !

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En guise de dessert,  nous nous arrêtons au stand de Salina pour un jus de fruits frais. Elle nous partage son expérience entrepreneuriale (son portrait ici) pendant que nous sirotons un excellent « surtido » (= jus de papaye,  ananas et banane).

Puis il est temps de se rendre sur le port pour prendre notre bateau en direction des « îles flottantes » du lac. Aujourd’hui quelque 2500 personnes résident sur plus de 80 îles au large de Puno. Après 30 minutes de navigation,  nous atteignons les îles Uros, entièrement construites en roseaux ! Nous débarquons sur une première île et marchons à pas feutrés en espérant ne pas passer au travers du plancher !

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Rapidement, le « chef du village » nous éclaire sur les méthodes de construction utilisées : coupage des roseaux,  entassement (chaque île est constituée d’une couche d’environ 3 mètres d’épaisseur) puis amarrage de l’île ainsi créée  à l’aide de poteaux d’eucalyptus pour éviter qu’elle ne dérive. Mais le roseau sert également à construire les habitations,  les meubles,  bateaux… Une partie de la plante, le « chullo », est comestible et constitue l’alimentation principale des habitants, avec la truite  pêchée directement dans le lac. Enfin, les Urosiens travaillent le roseau pour réaliser des figurines et divers articles artisanaux qui seront vendus aux touristes venus visiter les îles.  Nous rencontrons par exemple Maritza (voir son portrait ici),  qui nous partage les secrets de cette pratique artisanale.

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Nous déplorons malgré tout le côté « usine à touristes », où on nous fait sentir que nous ne sommes là que pour acheter et où chaque présentation semble répétée.

Afin de tenter de dépasser cet aperçu,  nous décidons de dormir sur l’île.  Nous sommes amenées à la « capitale » d’une vingtaine de mètres carrés et Luis, son responsable, nous accueille avec un maté de coca. Puis nous montons dans l’observatoire pour admirer le couché de soleil avant d’inviter les deux autres personnes dormant sur l’île à venir jouer aux cartes avec nous… Lucas et Guillaume se révèlent être français, tout comme le deuxième duo, Marine et Jérémy, qui se joint à nous. Décidément, nous ne jurons tous que par les conseils du Routard ® ! Nous profitons d’une truite fraîchement pêchée pour faire connaissance et partager nos anecdotes de voyage. Elsa n’est pas encore  100% convaincue par ce « poisson qui sent l’eau douce »… mais l’ambiance est sympa et la soirée rattrape tout !

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Un orage du tonnerre se déclare et nous écoutons les trombes d’eau tomber sur le toit de la « salle à manger » en priant pour que nos huttes soient étanches ! L’heure fatidique du passage aux toilettes approche… Car à côté d’ici, la cabane au fond du jardin passerait pour le summum du luxe ! Nous empruntons à la lumière de nos lampes frontales un chemin fait de planches de bois jusqu’à une cahute au-dessus de l’eau ! Et pour tirer la chasse : bonjour petit seau d’eau de pluie ! Et nous ne sommes pas au bout de nos peines… La nuit se révèle glaciale,  à tel point que nous testons nos couvertures de survie ! Au petit matin pourtant, quel bonheur d’être les seules touristes à profiter d’un petit déjeuner au soleil, sur l’eau !

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Et ça y est, nous sommes déjà à la moitié du parcours !! Après trois mois de vadrouille,  il est temps d’attaquer notre quatrième pays : la Bolivie !

Arrivées de nuit à Copacabana, une petite ville sympa et très roots, nous échouons dans le premier hôtel cheap qui croise notre route… 2€ la nuit, que demander de plus pour notre budget restreint ?! Marie fait une petite crise de panique face à la saleté et aux potentielles punaises vectrices de la « maladie de Chagas », mais nous survivons jusqu’au lendemain pour un petit déjeuner en terrasse où Elsa prend un « joli » teint vanille-fraise !

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L’après-midi marque le deuxième gros effort physique du séjour avec l’ascension du « Calavario » (= calvaire, on comprend pourquoi !). Ça grimpe dur mais encore une fois, ça en vaut la peine avec une magnifique vue sur Copacabana et sur le lac, couplée à un superbe couché de soleil !

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Après une nuit dans un deuxième hôtel miteux, c’est parti pour notre excursion sur les islas del sol y de la luna !

Premier stop sur l’île de la lune où nous visitons le « Temple des Vierges du Soleil » : Marie se transforme en guide pour l’occasion et réinvente l’histoire !

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Puis, direction la fameuse « île du soleil » pour le déjeuner. Comme le soleil est avec nous, nous décidons de nous lancer sur le « chemin des crêtes » ou « la route sacrée de l’éternité du soleil » pour les intimes ! A plus de 4000 mètres d’altitude,  la moindre montée est un effort… et comme partout dans la région,  ça grimpe sec !! Les paysages et les points de vue sur le lac sont à couper le souffle (c’est le cas de le dire, Elsa fait une petite panic attack « j’ai plus d’oxygène !»)  Apres 5 heures de marche, nous sommes soulagées de voir au loin le village du nord de l’île où nous avons prévues de passer la nuit.

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Tout semble fermé et les touristes s’amassent dans l’unique restaurant éclairé… Deux voyageurs aperçus au Calavario et dans le bateau le matin même nous rejoignent autour d’une soupe de quinoa. Alex et Davide nous rassurent : eux aussi ont mis 5 heures à faire la rando! Une soirée sympa, un petit déjeuner sur un ponton au son du ukulélé d’Alex : nos amis helvètes contribuent à améliorer encore notre séjour sur l’île ! Et surtout, étant à court de liquide, ils nous sauvent la mise en nous payant le billet de retour sur le continent !

Après la dégustation d’une dernière trucha avec nos « sauveurs » (oui, le terme fait partie de l’accord que nous avons passé ;) , nous reprenons la route en direction de la Paz pour de nouvelles aventures !

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