Carnet de route #12 – Sucre & Potosi

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Après une nuit passée à la Paz dans une auberge de hippies, nous allons découvrir le site précolombien de Tiwanaku, ses statues et sa porte du Soleil. Ce sont ces ruines qui auraient inspirées Hergé pour son album Tintin et le Temple du Soleil! Un peu déçues par le site, nous sommes contentes de découvrir le joli marché du village avant de reprendre notre minibus à l’odeur douteuse pour une 1h30 de trajet…

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Nous prévoyons de revenir à la Paz à la fin de notre séjour bolivien, et nous filons donc le soir même à Sucre, quittant l’altiplano pour la première fois depuis plus de dix jours. Sucre est en effet située à 12h de bus de la Paz, dans la partie « vallées » de la Bolivie, transition entre l’altiplano et l’Oriente (la selva). Enfin, nous restons quand même à encore 2750m d’altitude!

Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. La ville est Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette « Cité blanche » coloniale est réputée pour son art baroque, et référente pour son enseignement du droit (en effet, on a rarement vu une telle concentration de cabinets d’avocats!). Nous sommes accueillies et hébergées pendant cinq jours par Omar, un trentenaire propriétaire d’une guest house, dans laquelle il a créé un dortoir spécialement destiné aux couchsurfers de passage à Sucre!

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Nous y rencontrons le staff jeune et sympa de l’auberge, ainsi que Jonathan, un australien qui fait le tour de l’Amérique latine et qui n’hésite pas à nous donner des tips pour la suite de notre séjour autour d’un déjeuner!

Entre deux orages, nous découvrons le Centre de formation Juanas et sa mission d’insertion professionnelle des jeunes filles, ainsi que la coopérative de tisserandes Inca Pallay. En effet, la région est réputée pour le savoir-faire unique des villages Jalq’a dans l’art textile. Nous découvrons donc avec intérêt les khurus et l’interprétation des motifs Jalq’a (voir article ici). Nous rencontrons également Amanda et Susie, à l’origine d’une AJ-centre communautaire d’aide aux femmes de la région: the Beehive.

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N’ayant malheureusement pas le temps de nous enfoncer plus vers l’Oriente du pays et sa forêt amazonienne, nous décidons ensuite de nous rendre à Potosi pour continuer notre découverte de la Bolivie. Également inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville est établie à 4090m d’altitude, ce qui en ferait la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde (plus que Lassah au tibet)! Son centre historique abrite une grosse concentration d’églises baroques, vestiges de la colonisation.

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Mais la ville témoigne surtout de l’activité minière et du trafic triangulaire qui furent à l’origine de l’enrichissement de l’Espagne du XVIe au XIXe-s! « Je suis la riche Potosi, le trésor du monde, la reine des montagnes et la convoitise des rois », telle était la devise de la ville! En effet, le Cerro rico (colline riche) qui domine la ville regorgeait d’argent. Au milieu du XVIIe-s, Potosi était aussi importante que Paris ou Londres! Plus de 8 millions d’indiens aymaras, quechuas et d’africains sont morts dans la mine d’épuisement ou empoisonnés par les vapeurs du mercure.

Si l’argent s’y fait rare aujourd’hui, encore 6000 mineros travaillent à la mine dans de terribles conditions pour y récolter étain, fer ou encore zinc. Mais l’exploitation des gisements ne se révélant plus assez rentable, la ville est tombée en désuétude.

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Potosi est donc emprunte d’un lourd et difficile passé, peut-etre à l’origine de nos difficultés pour nouer contact avec les gens d’ici, plus froids que les boliviens que nous avions rencontrés jusqu’à présent. Marie a même subi les foudres d’une peruvienne qui a décidé, en plein milieu de la rue et sans raison, de lui jeter son verre de gelée (friandise locale) à la figure! Mais qu’à cela ne tienne, après un we tranquille à boire du maté, jouer au trivial pursuit (version datant de la guerre froide, et en anglais: pas simple !) et regarder des films pendant qu’il pleut des trombes d’eau dehors, nous rencontrons Ewen et Pauline, respectivement breton et savoyarde en volontariat pour trois mois à Potosi, et avec qui nous partageons une belle soirée pour les 22ans de Pauline, dans le bar rock du centre! Face a ses clients déchaînés (nous 4 quoi), le barman a eu quelques difficultés à fermer!  C’est ici que nous découvrons qu’à 4000m d’altitude les effets de l’alcool sont particulièrement décuplés… et les lendemain difficiles !

Après plusieurs échecs d’interviews de femmes entrepreneures ne souhaitant pas se prêter à l’exercice, nous parvenons à rencontrer Carmen et Renita, respectivement gérantes de boutiques de matériel pour mineurs et de robes de mariées. Il est ensuite temps de quitter la ville et nous décidons alors d’aller chercher le soleil et de passer un we de trois jours dans le fameux désert de sel d’Uyuni!

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