Carnet de route #13 – Salar et Sud Lipez

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En route pour le fameux désert de sel, un des plus beaux endroits d’Amérique latine ! La route qui relie Potosi à Uyuni, point de départ des excursions vers le Salar, est très jolie et Marie admire les champs de vigognes – euh non d’alpagas ? Ou de lamas ?

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Nous arrivons à Uyuni où on nous saute littéralement dessus pour nous proposer des tours dès le lendemain. Tranquillement, nous prenons quelques informations mais rejoignons notre hôtel car nous prévoyons d’attendre Ewen et Pauline le surlendemain pour partir. Mais une fois à l’auberge, un message de Pauline nous attend : « Avec les élections, on a entendu dire qu’il n’y avait pas de tours ce weekend, est ce qu’on doit prendre le bus pour Uyuni et débarquer cette nuit pour partir dès demain matin dans le Salar ?! ». Panique à bord, les agences ferment dans une heure ! Mais c’est plus sûr et après deux-trois messages, Pauline et Ewen pack leurs affaires pour sauter dans un bus et nous courrons à la recherche l’agence idéale avant sa fermeture. Effectivement, les premières agences que nous faisons ne proposent des tours que de deux jours : pas de sorties le dimanche des élections ! Mais nous ne perdons pas espoir et retournons à celle qui nous proposait son tour à la sortie du bus : « Pas de problème, vous pouvez faire un tour de trois jours car Octavio, votre guide, ne vote pas ! ». Après quelques questions pour tester le sérieux de l’agence et le visionnage des photos au mur pour nous mettre l’eau à la bouche, nous réservons donc pour quatre personnes le lendemain. Le stress retombe enfin quand Ewen et Pauline débarque dans notre auberge à minuit et demi : ouf, on est bons !

Le lendemain, excités comme des puces, le réveil n’a même pas encore sonné que nous sommes déjà sur le pont ! Nous rejoignons l’agence pour découvrir le « couple mystère » qui voyagera avec nous dans notre 4×4. Finalement, les agences se sont arrangées entre elles pour faire des groupes de sept par voiture, permettant ainsi de prendre un maximum de personnes dans le peu de voitures faisant le tour en 3 jours. Nous rencontrons donc Jérémie qui, encore plus à la cool, a réservé son tour le matin même. En bon breton, il a en effet été attiré par le nom d’Ewen sur le listing ! Le groupe de choc était alors au complet ! Attendez… non, on oublie trop vite les deux israéliens !!

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En tout cas, c’était parti pour trois jours plus qu’intenses !

Direction tout d’abord le « cimetière de train ». On grimpe sur les vieilles locomotives, Ewen joue à Indiana Jones et « sauve » Pauline pendant que Jérémie fait de la balançoire. Marie et Elsa sont un peu trop téméraires et se retrouvent coincées comme des chats en haut d’un train !

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Après une petite demi-heure, nous reprenons la route en direction du désert de sel. Nous faisons un premier stop rapide pour voir les « tas de sel » où les gens travaillent… Enfin, on se pose quand même la question de savoir s’ils ne sont pas mis en place exclusivement pour les touristes car il n’y a personne à part des « gringos » aux alentours…

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Puis vient l’heure du pique-nique. On sale notre plat à l’ancienne, en piochant par terre ! Puis nous repartons et nous enfonçons un peu plus dans le Salar. Ca y est, le sel est enfin aussi blanc qu’on l’espérait ! Nous pouvons donc faire une pause photo et commencer les fameux « montages » de façon plus ou moins réussie. Nous réussissons même à entrainer nos amis Israéliens pour une petite photo d’alcooliques  de bretons.

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Après un certain nombre de sauts/d’échecs et quelques réussites, nous reprenons la route vers « l’isla del pescado ». Les paris vont bon train pour connaitre la raison de ce nom : un arbre, un lac ?! Octavio nous éclaire en nous montrant la forme que dessine ce rocher au loin. Marie avait quand même raison en parlant de cactus car l’île en est remplie ! On commence la grimpette pour profiter de la vue. Ici, on est en plein cœur du désert et il semble infini ! Pauline nous partage sa joie de voyager avec d’autres personnes : « c’est quand même moins drôle juste avec Ewen » et nous prenons la première photo de groupe en chantant Dutronc.

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Il est déjà l’heure de partir et de rejoindre notre hôtel… de sel ! Briques, sol, sommier, tout y est ! Mais il est encore tôt et nous décidons d’escalader la montagne derrière l’auberge pour profiter de la vue et du coucher de soleil. On embarque les crackers et un petit vin bolivien (huuuum) pour profiter d’un apéro bien mérité une fois au sommet… Et on ne s’imaginait pas à quel point on le mériterait ! La pente est raide, plutôt glissante et pas si courte que ça… La première montée en cache une autre et ainsi de suite. Marie peste contre la « montagne vicieuse »… Au bout de notre vie, on arrive juste à temps pour voir le soleil disparaitre… derrière une autre montagne ! Mais l’ambiance est là, on discute, on débat et on refait le monde jusqu’à ce que la nuit tombe. Le retour à l’auberge est un peu tardif, juste à temps pour mettre les pieds sous la table !

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Le « steak de Lama » est vite englouti et nous sympathisons avec nos voisins de table, un des autres groupes à visiter le Salar. Canadiens/Allemands/Français/Italiens, ça switch allègrement entre français/anglais/espagnol/franglish/spanglish/espalien et autre joyeusetés. C’est aussi le choc des générations entre les cinquantenaires, les trentenaires (cf le malaise provoqué par Ewen avec son « les vieux de 35ans »… Comme Jérémie ?!) et nous ! Mais nous sommes tous réunis par notre passion du voyage… et du partage ! On repense le système économique/éducatif/agricole mondial… rien que ça ! Mais il n’y a pas de raison qu’on reste entre touristes et nous rejoignons la « team des guides » dans la cuisine. Avant de les entrainer dans notre désir de fiesta ! L’idée du siècle est proposée : « et si on allait danser dans le Salar ?! ». On investit la jeep et son toit et c’est parti ! Trop fiers nous sommes : « Qui peut se vanter d’avoir dansé le rock dans le Salar d’Uyuni ?! ». Au final, on a même des preuves (niarf niarf). C’est également à ce moment-là que « du rhum, des femmes… » devient l’hymne du weekend : il est entré dans nos esprit et n’en sortira plus… jamais ! Après un retour chaotique et une presque hypothermie d’Elsa coincée dehors, on s’effondre jusqu’au matin, réveillés par la douce (lol) voix d’Octavio. Une douche froide (enfin, ça dépend pour qui…) et un café, et nous revoilà sur la route !

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On perd Jérémie qui se rendort directement une fois posé dans le 4×4… Pendant que d’autres dansent au fond de la voiture ! Il a quand même un sursaut et se réveille pour le mirador du Volcan Tunupa. On recroise nos compagnons de la veille, on chante pour mettre l’ambiance… Avant de repartir en direction des fameuses lagunas. Le trajet n’est pas triste : Ewen et Jérémie s’interrogent sur le rôle et la présence des bidets dans le monde. Marie découvre d’ailleurs sa véritable utilité « ah j’ai toujours cru que c’était pour se laver les pieds ! ». Bref, on pense à une nouvelle « religion du bidet » sous le regard étonné de nos amis Israéliens.

Nous arrivons à la première lagune : la « Laguna Canapa ». Le paysage est juste magnifique et nous restons sans voix. Quelques minutes plus tard, nous en découvrons une deuxième tout aussi splendide ! Nous déjeunons sur place et Jérémie nous abandonne pour aller dormir… jusqu’au soir ! Tout l’après-midi, les paysages s’enchainent… et ne se ressemblent pas ! On a carrément l’impression de passer d’une planète à l’autre : montagne aux sept couleurs, volcans, traces d’impact de météorites, lacs d’altitude et arbre de pierre… on prend plein les yeux ! Le trajet s’achève lors de notre arrivée à la « Laguna Colorada », rouge comme le sang. C’est là que se trouve notre auberge. Après avoir posé nos affaires, nous partons pour une petite marche jusqu’au mirador offrant une vue magnifique sur le lac. Le vent se déchaine, le retour est plutôt difficile et fini de nous achever. Nous optons donc pour une petite sieste régénératrice en attendant le café.

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Jeux de cartes et discussions diverses nous animent ensuite jusqu’au soir. D’autres voyageurs Allemands, Italiens, Australiens nous rejoignent et nourrissent les débats. Ewen s’enflamme sur le thème de la détermination des choix, la création de l’univers, les explications scientifiques, le lien présent/passé/futur… On n’a toujours pas très bien compris son point de vue mais on a bien rigolé ! On a aussi observé le ciel le plus étoilé de notre vie… ainsi que la voie lactée !

Nous ne faisons malgré tout  pas long feu et rejoignons vite notre lit pour être en forme le lendemain… Car le réveil sonne à 4h du matin ! On s’endort donc les yeux littéralement pleins d’étincelles… car Ewen joue à « Jean Michel Jarre » avec les couvertures polaires Air France.

Le lendemain, levé aux aurores (et même avant) pour aller voir les geysers. Contrairement aux conseils du routard, on peut passer à travers ! On profite donc du lever du soleil sur ce site fumant à l’odeur de soufre. Mais le meilleur reste à venir et nous arrivons bientôt sur le site des sources d’eau chaude. BONHEUR de se baigner dans une eau à 40°, sous un ciel splendide et dans un décor de rêve à 7h du matin ! On négocie même avec Octavio de rester un peu plus pendant qu’il dépose les Israéliens à la frontière Chilienne !

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Puis vient l’heure de repartir en direction d’Uyuni au son de la flûte de pan (que Marie apprécie tellement !). On déjeune encore une fois sur un site splendide, seuls au monde ! Vers 15h, Octavio nous arrête dans un petit village : « La police bloque l’accès à Uyuni car nous n’avons normalement pas le droit de circuler le jour des élections, nous allons donc nous cacher ici pendant deux heures en attendant qu’ils lèvent les barrages ». On s’occupe en dévorant un litre de glace au chocolat et en jouant aux cartes sur la place du village. On repart pour faire quelques kilomètres avant d’être de nouveau arrêtés dans le village suivant. Les gars font le show avec leurs « prouesses » de jonglage. Le diabolo a plus de succès et attire tous les enfants du coin ! Octavio revient en furie, on part presque sans Ewen et Jéremie qui ont tout juste le temps de sauter dans la voiture ! On n’a toujours pas vraiment compris ce qui s’est passé mais apparemment, les guides ont obtenu un droit de passage via un petit bakchich !  Finalement, le retour à Uyuni se fait sans encombre…

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Mais personne ne veut voir ce weekend de folie se terminer ! Pour cause d’élections, aucun bar n’est ouvert à Uyuni… C’est la déception, on ne pourra pas goûter à la spécialité locale, le cocktail au sperme de lama ( !?), pour fêter la victoire d’Evo ! Mais « ya pas problème », on opte pour une soirée karaoké entre nous, directement dans la chambre ! Pour la santé de vos oreilles et l’intégrité de JJG, nous préférons garder les preuves pour nous… En tout cas, ce fût un bon moyen de prolonger ce weekend en beauté !

Nous prenons la direction de La Paz le lendemain, pleines de bonnes résolutions : « on va quand même arrêter de trainer avec des bretons pendant un moment histoire de se refaire une santé » !

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