Renita – robes de mariée

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A Potosi, nous avons rencontré Renita, gérante d’un magasin de robes de mariées.

Quel a été votre parcours et quand avez-vous commencé ?

J’ai étudié en Bolivie la couture et la mode. Pour moi, c’était une étape très importante. J’ai donc appris le B-A BA de la couture dans un institut à Potosi : comment faire une robe ou n’importe quel autre vêtement en partant de rien. J’ai ensuite beaucoup pratiqué pour améliorer ma technique, puis je suis partie travailler à Buenos Aires dans ce domaine. Quand je suis rentrée en Bolivie il y a maintenant cinq ans, j’ai loué un local et ouvert ce magasin.

Quelles ont été vos motivations ?         

Ma première motivation était l’amour de la couture. De plus, il n’y a pas beaucoup de travail ici, c’est d’ailleurs pour ça que j’étais partie travailler en Argentine dans un premier temps. Mais quand j’ai voulu revenir dans mon pays, il m’a semblé plus facile de devenir mon propre employeur pour pouvoir continuer à faire ce que j’aimais.

Et pourquoi avoir choisi les robes de mariées ?      

Beaucoup de gens se marient en Bolivie. Dans certains endroits, les robes se louent mais ici cela ne se fait pas du tout ! Toutes les jeunes mariées veulent une belle robe et souhaitent en être propriétaire. De plus, c’est vraiment le genre de pièce que j’aime coudre et sur laquelle je trouve agréable de travailler.

Comment s’organise votre activité ?

Je fais toutes les robes que je vends. Les clientes viennent au magasin, je prends leur mensuration et nous discutons du modèle qu’elles souhaitent. En général, elles viennent avec une idée en tête. Parfois,  même avec le modèle voulu ! Mais j’essaye toujours d’en faire une discussion et je conseille beaucoup les clientes sur le modèle qui pourrait leur convenir. En effet, parfois elles n’ont pas la morphologie pour porter la robe choisie à la base. Je leur explique donc comment leur tenue tombera et comment choisir un modèle qui les mettra en valeur.

Pour compléter, j’achète aussi des accessoires (bouquets, diadèmes…) à d’autres fournisseurs pour finir les tenues et habiller les mariées. Je fournis également aux clients des contacts de personnes pour tout ce qui est maquillage, coiffure…

Au début je travaillais seule mais ma sœur et une aide couturière m’ont rejointes. Mon époux nous aide parfois également.

A quoi ressemble un mariage Bolivien ?      

Ils sont toujours très beaux ! La mariée est magnifique, arrive en voiture à l’église. Après la cérémonie, on rejoint la salle des fêtes, où la décoration est toujours splendide ! Et on fait la fête jusqu’à 3 heures du matin.

Avez-vous reçu de l’aide pour la création de votre entreprise ?

Non, j’ai tout construit seule. J’ai appris à faire des robes et je n’avais aucune notion de comment gérer un business. J’ai donc appris sur le tas. C’était assez facile, même au niveau financier pour la tenue des comptes car il s’agit d’un petit commerce : les opérations d’entrées-sorties sont assez simples et relativement peu nombreuses. Ce n’est pas comme si j’exportais des robes : dans ce dernier cas, j’aurais surement besoin d’aide ! Je pense que dans d’autres endroits il y a plus de programmes de soutien aux entrepreneurs mais cela n’est pas très développé à Potosi.

Si vous deviez en recevoir, quel type d’aide choisiriez-vous ?

J’opterais sans hésiter pour des cours de design ! Cela aide beaucoup à améliorer ses techniques, découvrir ou créer de nouveaux modèles… Mais cela n’existe pas à Potosi : en général ce genre de cours s’en tiennent aux bases de la couture, ce qui n’est pas utile pour moi qui ait une formation de base solide.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?           

Remplir la boutique a été assez difficile ! Au début, vous n’avez pas d’aide, notamment financière et cela prend du temps de générer des revenus pour pouvoir investir dans du matériel et préparer des modèles de présentation par exemple. Certains syndicats peuvent vous aidez à démarrer mais je ne voulais pas m’investir dans ce genre de groupes.

Aujourd’hui, comment vont les affaires ?

Le business est plutôt florissant. Aujourd’hui les gens me connaissent, ont entendu parler de mon travail et viennent pour ma réputation. Pour cette raison, j’accorde une importance toute particulière à la qualité de mes produits : si je bâcle une robe, les clients ne reviendront pas et cela affectera mon entreprise.

De plus, il n’y a pas beaucoup de concurrence, contrairement à La Paz par exemple où les boutiques s’alignent en masse !

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin en Bolivie ?

Il y a énormément de femmes entrepreneures, notamment à Potosi. En effet, comme il n’y a pas d’entreprise capable de nous embaucher, il nous faut bien générer des revenus ! Il s’agit généralement de petits commerces. Je pense que notre caractère travailleur nous aide à entreprendre et à lancer une activité.

Avez-vous un conseil pour quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ?

Etudiez ! Il s’agit pour moi de la première étape qui vous aidera à construire votre vie. Ensuite, ne jamais vous sentir inutile ou impuissante : si vous voulez vraiment quelque chose, vous pouvez l’atteindre en vous donnant les moyens et en étant patiente.

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