Carnet de route #16 Arrivée à Dhaka et WE à Panam City

arrivée et panam

En avant pour la dernière partie de notre trip avec l’Asie ! Après un stop court mais intense en France, nous voilà dans l’avion en direction de Delhi ! Elsa a 39 de fièvre et claque des dents si fort que ses voisins ont pitié d’elle et lui prêtent leurs couvertures ! Finalement elle survit jusqu’en Inde où nous atterrissons vers minuit. Malheureusement notre vol pour Dhaka a été annulé et nous avons maintenant une correspondance via Calcutta… Qui ne part que le lendemain après-midi ! Nous nous dirigeons vers le comptoir d’Air India pour retirer nos billets et essayer de nous greffer sur un vol partant plus tôt. Comme il n’y a pas d’autre alternative, ils nous offrent généreusement la nuit à l’hôtel, nos repas et le transfert depuis l’aéroport en dédommagement ! Quel bonheur de ne pas avoir à dormir par terre pendant 12 heures , sans même avoir à négocier! Après une bonne nuit de sommeil, notre premier petit déjeuner nous attend… On peut dire que les épices, ça réveille !! Puis il est temps de retourner à l’aéroport. Nos différents interlocuteurs semblent étonnés à chaque fois qu’on présente notre boarding pass « Dacca ? You are going to Dacca ?! ». Au check in, nous avons même droit à une parole « rassurante » de la part de l’employé Air India à qui l’on demande s’il ya un problème et qui nous gratifie d’un « oui », sans plus d’explications !
Au final, nous arrivons sans encombres à destination.
Comme nous n’avons pas pu nous procurer de visa pour le Bangladesh depuis l’Amérique latine, c’est donc parti pour un visa « on arrival » ! Nous croisons les doigts pour ne pas avoir de problèmes, ça serait vraiment dommage de se faire refouler après 30heures de voyage ! Mais heureusement notre « picturrre is werrry fine » selon l’agent de l’immigration qui nous reçoit. Un petit haussement de sourcil charmeur plus tard, nos passeports reçoivent le tampon d’un nouveau pays : Bangladesh, nous voilà !

Pour les premiers jours, nous avons prévu de loger dans le Prince Hotel, le « QG » des stagiaires de la Grameen. En effet, la tour Grameen est à moins 10 minutes à pied.
Nous sommes dans le quartier de Mirpur. Premières impressions : c’est le chao ! La rue est littéralement remplie de Rickshaws (sorte de vélo-taxi) qui roulent dans tous les sens et il y a des gens partout ! Mais surtout, cette foule de gens ne nous regarde pas : elle nous dévisage ! Chaque homme, femme, enfant ou chauffeur que nous croisons se retourne sur notre passage !

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Nous tentons rapidement les premières courses dans le supermarché en bas de chez nous. Comme nous ne connaissons quasiment aucun produits, nous faisons des tests avec notamment les amloki (petits fruits verts apparemment très bons pour la santé)… Que nous n’avons même pas réussit à manger ! Ça a le goût de baies sauvages non comestibles… Même Google n’arrive pas à nous renseigner sur comment le préparer ! Suite au prochain d’épisode donc, lorsque nous aurons élucidé ce mystère…

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Malheureusement dès notre deuxième jour, le personnel de l’hôtel nous prévient : le lendemain, c’est « hartal » et nous ne pouvons donc pas sortir dans la rue… du tout ! En effet, se tient en ce moment à Dhaka le procès d’anciens politiques ayant collaborés avec le Pakistan lors de la guerre d’indépendance en 1971 (voir notre article sur l’histoire du Bangladesh ci-dessous). La plupart sont accusés au mieux de crime de guerre, au pire de crime contre l’humanité… La première sentence ayant été annoncée (la peine de mort par pendaison NDLR) les partisans du parti de ces criminels appellent à la grève nationale pour manifester contre cette décision. Or ces temps de grève, appelés hartals, dégénèrent souvent en manifestations violentes et on regrette rapidement d’voir googler le mot « hartal »… On réfléchira donc maintenant à deux fois avant de se plaindre de la SNCF qui nous gêne dans nos déplacements !
Nous « profitons » donc d’une journée de repos forcé à l’hôtel. Quelle frustration d’être bloquées à l’intérieur alors qu’on ne demande qu’à découvrir la ville !!
Heureusement arrive vite le premier weekend, et le hartal est levé.

Martin, que nous avons rencontré via le Couchsurfing, nous invite à une sortie organisée à Panam City. Nous le rejoignons donc chez lui, où ne faisons les présentations et rencontrons également Medhi, un ami Bangladais de Martin, ancien de la Grameen Bank. Nous sommes accueillies à coup de « good morning, good morning, would you like some pasta? ». Nous avons encore la mélodie dans la tête à l’heure actuelle… Puis nous partons en direction de Sonargaon où nous rejoignons d’autres expat’ danois, italiens et américains. Nous visitons la vieille ville (ancienne capitale abandonnée), le musée… Medhi fait le guide, nous expliquant la tradition du mariage des enfants et l’histoire du dieu Ganesh. Après un lunch typique (et épicé, est-il nécessaire de le préciser ?), nous louons des bateaux pour faire un tour sur le lac. Après une tentative de course entre Martin et Medhi qui sont sur deux bateaux différents, ils allient leurs forces pour traîner finalement les trois bateaux du groupe pendant que nous faisons la sieste au soleil. A l’arrivée du bateau, 50 personnes se sont attroupées sur la rive et prennent des photos de notre arrivée. Nous sommes l’attraction du coin ! On débarque et tour à tour, les gens viennent nous demander une photo avec eux, voir même des autographes ! Après une séance de dédicaces, la majeure partie du groupe repart en direction de Dhaka tandis que nous restons avec Martin sur place pour passer la nuit dans le village.

Nous nous promenons encore un peu avant de partir à la recherche d’une guest house.

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Sur le chemin, une vingtaine d’enfants commencent à nous suivre. On s’arrête rapidement pour permettre à Martin de sortir sa guitare et de pousser la chansonnette. L’ambiance est géniale et nous passons un super moment à faire danser les enfants ! Très vite, leurs mères nous rejoignent et nous les entraînons pour un « rock » endiablé ! Quand nous leur demandons ou nous pouvons passer la nuit, ni une ni deux, l’une d’elle nous propose de la suivre. Nous sommes donc accueillies à bras ouvert dans sa maison où elle nous installe et nous sert à manger. Mais au moment de nous coucher, un homme arrive et nous indique que nous ne pouvons pas rester : pas de problème concernant Martin, mais il ne veut pas recevoir deux filles car « les femmes sont un problème ». Marie ne se remet toujours pas de cette phrase est c’est encore une plaie béante a l’heure où nous écrivons cet article ! Heureusement, il compte bien nous aider à trouver une solution de rechange. Après une heure de recherche et une « interview privée » avec le responsable d’un centre de formation, nous avons une chambre ! Exténuées, nous nous endormons au son des berceuses danoises chantées par Martin. Et c’est également au son de sa guitare que nous nous réveillons le lendemain… A six heures moins le quart ! Vite, le soleil va bientôt se lever et on ne voudrait pas rater ça ! Encore dans le coltard, nous grimpons sur le toit… où un petit déjeuner nous attend : Merci Martin d’avoir fait les courses à la boutique du coin ! Une petite séance de stretching plus tard, nous nous lançons à la recherche de l’école du village, où les enfants nous ont invités la veille. Sur le chemin, on nous invite à boire un café dans une maison, à goûter de la confiture d’olive, on nous fait visiter un élevage de poulets… L’hospitalité des bangladais est vraiment incroyable et nous avons du mal à refuser toutes ces gentilles propositions. Vers 8h30, nous arrivons finalement à destination ! Les enfants se jettent littéralement sur nous… On joue de la musique, on les fait danser et ils nous intègrent à leurs jeux (dont on ne comprend pas toujours le but… pas facile de communiquer sans parler bangla !!) Quand vient l’heure pour eux de rentrer en classe nous nous éclipsons, rincés (on ne se rend pas compte à quel point c’est épuisant d’être sollicités par 100 enfants à la fois !)

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Nous nous arrêtons dans un petit magasin ou Martin achète des jelly au litchi pour nous faire découvrir cette friandise typique. On a quelques difficultés à ouvrir les capsules mais heureusement « Docteur litchi » (le commerçant) est là pour nous aider !
Ainsi requinquées, nous repartons pour une ballade dans la campagne.

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Au bout d’un moment, nous craquons et prenons un Rickshaw pour le prochain village. Nous maîtrisons maintenant parfaitement la technique « trois sur un Rickshaw », même si on a toujours tendance à plaindre le pauvre homme qui pédale dans ces cas-là ! Au village, des gens commencent à nous suivre… Et au fur et à mesure que l’on nous fait visiter, de nouveaux membres s’ajoutent ! Bientôt, pas moins de 50 personnes sont à nos trousses ! On fait le tour des environs, on mange une noix de coco dans une maison, on traverse un pont branlant… Tout ça sous les regards amusés/intrigués des locaux.

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Finalement, l’heure de partir approche rapidement, nous prenons un petit « routi » (une sorte de pain à mi-chemin entre la tortilla, la pita, et le pancake ! ) pour la route et reprenons le bus en direction de Dhaka. Quelques heures plus tard, nous vivons notre premier accident de bus (plus de freins ou plus de chauffeur on a jamais vraiment si ce qui s’était passé…) Nous étions dans les bouchons à l’entrée de Dhaka donc rien de grave à part une vitre explosée et de la tôle froissée… Comme tous les transports en commun de la ville fonctionnent au gaz, Martin nous fait quand même descendre fissa au cas où « ça exploserait »… Gloups !
Nous sommes alors dans le vieux Dhaka et ça grouille de monde. Nous hélons un CNG (une cage à trois roues) en direction de l’appartement de Martin d’où on regarde le coucher de soleil sur la ville depuis le rooftop. Une belle façon de finir ce weekend en beauté !

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