Carnet de route #21 – Rajasthan

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Après ce passage à Varanasi, nous voilà reparties pour une nuit de plus dans le train ! Nous nous dirigeons cette fois en direction d’Agra et du fameux Taj Mahal et sentons que nous nous rapprochons d’un axe plus touristique car notre wagon est rempli d’étrangers, qui eux aussi viennent voir cette merveille du monde ! Malheureusement, le train Indien ne manquera encore une fois pas à sa réputation et nos espoirs d’arriver à l’heure s’envolent rapidement ! Nous profitons donc de notre retard pour sympathiser avec un équatorien et un chilien autour d’un chai et de cacahuètes. 7h30 après l’heure officielle d’arrivée, nous débarquons finalement à Agra ! Quelques chapati et une arnaque d’un chauffeur de rickshaw (« oui oui, c’est le gate sud ») plus tard, nous voilà enfin au Taj Mahal !


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Inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, on avait entendu du Taj qu’il était « une larme sur le visage de l’éternité », « l’incarnation de la pureté » ou encore qu’il « faisait verser des larmes au soleil et à la lune »… rien que ça ! Mais effectivement, nous n’avons pas été déçues par « le plus bel édifice du monde » !

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 Il fut construit par Shah Jahan pour recevoir le corps de sa troisième épouse, Mumtaz Mahal, morte en mettant au monde leur 14ème enfant en 1631. Son trépas brisa le cœur de l’empereur et selon la légende, ses cheveux devinrent gris en une nuit. La construction du Taj, entreprise l’année suivante, ne s’acheva qu’en 1653. Au total, ce sont 20 000 ouvriers et artisans d’Inde et d’Asie centrale qui participèrent à l’édification du Taj. Des spécialistes furent également ramenés d’Europe pour concevoir les treillis de marbre et les panneaux de pietra dura, faits de milliers de pierres semi-précieuses incrustées dans le marbre. C’est donc véritablement éblouies que nous parcourons les jardins et observons le fameux dôme, représentant la voute céleste, du Taj Mahal.

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Quelle n’est donc pas notre surprise lorsqu’ une ribambelle de gens vient nous voir pour nous prendre en photo ! Il y a quand même mieux à faire sur un site pareil… Heureusement, Elsa sort sa botte secrète : quand on lui demande une photo, elle s’empare rapidement de l’appareil de la personne pour lui tirer le portrait ! Interloqués, les gens n’ont pas vraiment le temps de réagir et même si ce n’était pas du tout leur intention de départ, ils posent pour la photo. L’avantage c’est qu’on évite d’être en photo dans le téléphone d’un 1000000e inconnu et pour autant on passe pour quelqu’un, d’idiot certes, mais de très sympathique et complaisant !

Avec tous ces retards de train, nous devons malheureusement faire un trait sur le red fort d’Agra, faute de temps. Nous retournons donc à la gare, pour notre troisième (et dernière, enfin !) nuit d’affilée dans le train. Comme nous avons sauté petits déjeuners et déjeuners deux jours de suite à cause des retards, nous décidons de faire des provisions : Biryani, samossa… nous pensons cette fois à faire le plein ! Mais c’était sans compter la horde de singes se baladant dans la gare à l’affut de la moindre nourriture : dès que nous nous éloignons du stand, un groupe de singes se rue littéralement sur Elsa qui porte le sac de provisions. Echaudée par un traumatisme d’enfance (Oui, Elsa s’est quand même faite mordre au zoo par un singe !), elle lâche le sac avant de se faire attaquer. Adieu notre repas ! C’est donc le ventre vide mais soulagées d’en avoir fini avec l’itinérance pour quelque temps, que nous arrivons le lendemain matin à Udaipur, la cité blanche !

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La bonne nouvelle, c’est que nous avons trouvé un super couchsurfing : Tanish, notre hôte, prête une maison en plein centre de la ville à ses invités. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il faut récupérer les clés de ladite maison quelque part… A savoir chez « La maman de Nehru ou la tata de Puneet ». On se croit dans une véritable épreuve de fort Boyard quand à 7h30 du matin il faut frapper chez les habitants de la rue à la recherche de ladite clé, détenue par la mère de Nehru ! Grâce à l’aide d’un passant, nous parvenons finalement à récupérer la clé et à entrer dans la maison. Quel bonheur de retrouver une douche (l’eau sent la vase et est glacée, certes, mais au moins on se lave, enfin !). Nous sommes tout de même peu rassurées face à un animal qui se cache dans la cave… Marie l’a entendu, Elsa l’a aperçu et les paris vont bon train pour tenter de savoir ce que ça peut être vraiment : un énorme rat, un blaireau ?! Nous obtenons la réponse le lendemain matin lorsque nous nous faisons réveiller… au chant du coq ! « C’est dingue, on entend tellement ce coq, qu’on croirait qu’il est  à l’intérieur de la maison !! » peste Marie. Effectivement, notre couchsurfeur héberge bien un gallinacée au fond de sa cave…

Une fois installées, nous partons à la découverte de la ville ! C’est donc sur les bords du lac Pichola que nous prenons le petit déjeuner. La ville toute entière est construite autour de ce lac aux eaux limpides, reflétant l’image des montagnes et falaises qui entourent Udaipur. En plus du lac, les fabuleux palais, temples et les ruelles tortueuses renforcent le charme d’Udaipur, contribuant ainsi largement à son titre de « lieu le plus romantique du continent indien », comme n’en démord pas le serveur d’un café où nous faisons halte à la recherche d’un wifi potable…

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Après avoir arpenté les rues en amoureuses donc, nous entamons la visite du City Palace. Situé au bord du lac, avec une façade de 244m et haute de 30m, c’est le plus vastes palais du Rajasthan. Agrémenté de balcons, de tours et de coupoles, le city palace ne se révèle pas moins beau de l’intérieur avec ces salles décorées de miroirs, de mosaïques et de peintures… Malheureusement, nous ne pouvons pas partager ce que nous y avons vu… En effet, pour pouvoir prendre des photos, il faut payer l’équivalent du prix de 2 billets d’entrée ! Nous esquivons donc la taxe mais Marie se fait prendre en train de prendre une photo des toits de la ville (« Je prends la vue en photo, pas le palais, j’ai quand même le droit non ?! »)… Et non, nous nous retrouvons telles deux mauvaises élèves face à un gros moustachu en uniforme qui nous emmène dans le bureau de son supérieur. En guise de punition, nous devrons laisser notre sac au vestiaire…

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Les jours suivant se partage entre les ballades dans la ville, notre intense recherche du wifi et l’organisation de notre évènement de retour (ça y est, il est temps de penser au retour, et comme nous ne bénéficions finalement pas de l’aide espérée sur place à Bordeaux, il y a du boulot !). Nous rencontrons également l’organisation Sadhna, un magasin de vente de produits artisanaux dont l’objectif est de participer à l’autonomisation des femmes en leur offrant une source de revenus régulière ainsi que des programmes de formation pour renforcer leurs compétences. Vous pouvez en découvrir plus dans cet article ici. D’autre part, nous interviewons Sharmila, créatrice et gérante de la première galerie d’art de la ville. Nous découvrons donc avec intérêt ses œuvres et son parcours. Si vous êtes également intéressés, c’est par ici !

Au cours de ce séjour, nous sympathisons également avec les voisins de Tanish, une gentille famille avec deux enfants qui nous interpellent à chaque fois que nous rentrons dans l’appartement. Le deuxième jour, ils nous invitent à boire le thé chez eux pour discuter et nous présenter leur mère. Nous nous asseyons donc avec toute la famille dans le salon. Après le chai, la mère nous indique qu’elle est en train de faire du henné et qu’elle peut nous en faire un si nous le souhaitons. Ce n’était pas au programme mais puisqu’elle le propose, pourquoi pas ! Nous nous laissons donc peinturlurer pendant une bonne heure, tout en nous demandant si cette offre était vraiment délibérée et n’est pas plutôt un cadeau empoisonné… Nous avons tôt fait de découvrir la réponse lorsqu’à la fin de l’opération notre nouvelle amie nous annonce non seulement que ce n’est pas gratuit, mais que c’est même plutôt cher ! C’est donc franchement déçues par cette « charmante famille qui cherchait en réalité à nous arnaquer », et énervées de nous être faites avoir comme deux débutantes, que nous quittons les lieux.

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C’est également à Udaipur que nous fêtons l’anniversaire de Marie ! Nous choisissons une terrasse appropriée avec vue sur le lac pour profiter d’une petite bière (ou plus !) au coucher du soleil. C’est là que nous refaisons le monde pendant des heures avant de nous rediriger vers le centre. Là, nous rencontrons Vicky et Prince (on les pardonne pour les noms à coucher dehors) les « neveux de Tanish ». Nous finissons donc la soirée en leur compagnie à en apprendre plus sur la religion Hindou, pourquoi Shiva est bleu et pourquoi les morts par piqure de serpent sont déjà purs… Bref, nous avons un peu de mal à suivre mais ne manquons pas de glaner quelques infos clés par ci par là !

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La deuxième soirée de festivités a lieu le lendemain. Nous assistons au spectacle de danses traditionnelles « Bagore Ki Haveli ». Les danseuses sont impressionnantes et nous apprécions le show ! Mention spéciale pour les marionnettes et la femme au 20 pots en équilibre sur la tête ! Après cette parenthèse culture, nous avons rendez-vous au restaurant avec Tanish, notre couchsurfer. Très riche, en costard et plein de bagues aux doigts, il a clairement l’air d’un gros mafieux. Nous refusons donc gentiment sa proposition d’aller dans « un club privé » (à 20 000$ l’année ndlr) histoire de ne pas nous sentir trop « escort girls », et optons pour un restaurant. Finalement notre première impression n’était pas fondée, et nous passons une bonne soirée en sa compagnie !

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Il est déjà temps de quitter Udaipur et de continuer notre périple au Rajasthan avec Jodhpur ! C’est donc le soir que nous prenons notre premier bus indien (il faut bien varier les plaisirs !). Mais nous nous étions un peu trop habituées aux retards indiens et cette fois-ci ce n’est pas à 6h comme prévu, mais à 3 heures du matin qu’on nous débarque au milieu de nulle part ! Heureusement, deux allemands sont dans la même situation, à la différence près qu’ils ont réservé une auberge pour la nuit. Ils nous accueillent donc généreusement et nous nous partageons le lit une place supplémentaire de la chambre. Le lendemain, nous profitons d’un bon petit déjeuner (avec du vrai café ouiiiii !) en terrasse pour faire un peu plus connaissance avec Martin et Frederik. Une fois nos toast et pancakes engloutis, nous nous fixons rendez dans l’après-midi pour visiter le fameux fort de la ville.

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En attendant, nous devons nous rendre chez Vipin, notre nouveau couchsurfer ! Couple à la retraite, nos hôtes sont vraiment des crèmes et vont nous bichonner pendant 3 jours ! Nous avons également des  discussions passionnantes avec Vipin sur la vie/ l’amour/ la religion/la liberté de choix… Mais aussi sur le mariage arrangé ! On conçoit d’ailleurs difficilement que quelqu’un  prônant fermement l’existentialisme de Sartre mette un point d’honneur à orchestrer le mariage de ses enfants… Et c’est avec étonnement que nous découvrons également la page « Bride wanted » du journal du jour ! Véritable Meetic, les annonces du journal recherchent (dans l’ordre des critères) « une épouse belle, au teint clair, et éduquée » !

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Notre couchsurfing nous apporte également une nouvelle entrepreneure ! En effet, Pushpa, la femme de Vipin, a créé sa propre ONG et entreprise de vente de produits artisanaux en bois et acier. Nous profitons donc de notre séjour chez eux pour l’interviewer, mais aussi pour visiter son ancien showroom !

Après une ballade dans la vieille ville, son marché agité et son méli-mélo de cubes bleus qui justifie le surnom de la cité, nous montons jusqu’à la forteresse de Mehrangarh qui surplombe majestueusement Jodhpur. Forteresse imprenable érigée à la verticale d’un piton rocheux, Mehrangarh fut directement taillée dans la roche. Entourée de remparts, la citadelle abrite un palais somptueux et offre une vue imprenable sur la ville. Nous y déambulons pendant deux heures en écoutant avec intérêt les anecdotes de l’audio-guide très bien fait !

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Enfin, Jodhpur nous offre également la possibilité de rencontrer l’organisation « Sambhali trust ». Nous nous rendons donc dans leurs locaux pour rencontrer Govin, son créateur et responsable, mais aussi John, responsable des volontaires et Camille, jeune française étudiante à sciences po’, actuellement en stage au sein de cette structure. Nous découvrons leur programmes de « vocational training » mais également leur offre de micro crédit et autres programmes en faveur des femmes de la caste des intouchables de Jodhpur.

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