India : un peu d’histoire…

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De l’antiquité à la période indo-musulmane

La carte politique de l’Inde antique et médiévale était composée de royaumes innombrables aux frontières fluctuantes. Aux IVe et Ve siècles, le nord de l’Inde a été unifié sous la dynastie des Gupta. Cette période est considérée en Inde comme un âge d’or, la civilisation hindoue ayant atteint une apogée.

La conquête musulmane débute en 712 avec la prise du Sind par Muhammad Ibn Al-Qasim qui l’établit comme sa base stratégique. La poursuite de l’invasion dans le Nord de l’Inde échoue pendant trois siècles face aux troupes des rois hindous. Mais aux Xe et XIe siècles, des Turcs et des Afghans envahissent l’Inde et établissent des sultanats. Ainsi, du XIe siècle au XVe siècle, l’Inde du Nord est dominée par les sultans turco-afghans, et l’Inde méridionale par les dynasties hindoues Chola et du Vijayanagar. Durant cette période, les deux mondes – l’hindou dominant et le musulman conquérant – vont se mélanger et connaître des influences croisées, faisant aujourd’hui la richesse culturelle de l’Inde.

De l’ascension des puissances européennes à l’Inde britannique : XVe-s – XIXe-s

En 1498, Vasco de Gama atteint les côtés de l’actuel Kerala, permettant l’ouverture d’une nouvelle route maritime. Cette découverte permet au Portugal de profiter du monopole du commerce avec l’Inde et l’extrême orient pendant près d’un siècle. Par la suite, l’Angleterre et la France ouvrent également des comptoirs pour développer leurs relations commerciales avec le sous-continent.

Les anglais voient leurs affaires prospérer rapidement et fondent de nouveaux comptoirs, notamment à Calcutta. Inquiet, le nabab (dirigeant local indien), décide de stopper cette montée en puissance en attaquant Calcutta et en emprisonnant les britanniques. Six mois plus tard, un mercenaire de la compagnie des Indes orientales prend la tête d’une expédition visant à reprendre la ville, avant de nommer un gouverneur à la tête de celle-ci.
Au début du 19ème siècle, si l’Inde était sous contrôle du Raj britannique, il subsistait une multitude de petits états administrant leur propre territoire. Une forme de gouvernement centralisé vit alors le jour. Le pouvoir britannique en Inde continuait d’avoir pour principaux objectifs le commerce et le profit, ce qui provoqua de profondes mutations : les mines de fer et de charbon se développèrent, le thé et café et le coton devinrent des cultures primordiales et un important réseau ferré fut mis en place.

Le chemin de l’indépendance : 1885-1945

 
De nombreux indiens voulaient s’affranchir de la domination étrangère et l’opposition devint plus forte au début du 20ème siècle, sous la houlette du congrès national indien. Plus ancien parti politique du pays, celui-ci se réunit pour la première fois en 1885 pour revendiquer le droit de participer au gouvernement du pays.

Si les troubles retombèrent pendant la première guerre mondiale, la déception face au manque de reconnaissance de l’effort de guerre indien provoqua des émeutes dans le nord du pays. Sévèrement réprimé, la nouvelle du « massacre d’Amritsar » se répandit dans toute l’Inde et incita de nombreux indiens jusqu’alors apolitiques à rejoindre le parti du congrès. Le parti trouva un nouveau leader en la personne de Gandhi et le mouvement populaire s’intensifia rapidement. L’importante minorité musulmane commença alors à s’inquiéter de son sort dans une Inde indépendante dominée par les hindous : si Gandhi faisait preuve d’ouverture d’esprit, les autres membres du congrès semblaient peu favorables à l’idée de gouverner ensemble.

L’indépendance et la partition : 1947

En 1945, l’indépendance de l’Inde était perçue comme une revendication légitime mais les britanniques ne surent réconcilier les deux principaux partis indiens : la ligue musulmane réclamait un état musulman indépendant tandis que le parti du congrès, dirigé par Nehru, faisait campagne pour une Inde indépendante unie. En 1946, les conflits hindous/musulmans se multiplièrent et le pays glissa vers la guerre civile, accélérant ainsi la décision britannique d’octroyer son indépendance au pays. Le 15 août 1947, l’Inde fut officiellement indépendante malgré les difficultés pour s’entendre sur le tracé des frontières. En effet, si certaines régions étaient clairement hindoues ou musulmanes, beaucoup étaient mixtes. En outre, les deux régions à majorité musulmane se trouvaient de part et d’autre du pays. L’état pakistanais serait donc une nation partagée entre une partie occidentale et orientale (actuel Bangladesh). Le problème fut encore plus délicat au Punjab (ses habitants étant aussi bien des hindous, que des sikhs ou des musulmans) où les mouvements de population vers l’est ou l’ouest (représentant 10millions de personnes) se terminèrent en bain de sang, faisant plus de 500,000morts.

L’Inde moderne : 1947 – 1990

Le premier ministre de l’Inde indépendante, Jawaharlal Nehru tenta d’engager son pays dans une politique de non alignement, entretenant des relations cordiales avec la Grande Bretagne et le Commonwealth tout en se tournant vers l’union soviétique – des choix guidés en partie par les conflits territoriaux, les États Unis soutenant le Pakistan lors des guerres de 1965 au sujet du Cachemire et de 1971 au sujet du Bangladesh.

A la mort de Nehru, sa fille prit le relais en 1966 mais contrairement à lui, elle fut toujours controversée : si l’économie fut relancée et l’inflation contrôlée, bon nombre d’opposants se retrouvèrent en prison et la presse fut muselée. En 84, de nombreux troubles communautaires éclatèrent dans plusieurs régions et Indira Gandhi fut assassinée suite à sa décision d’envoyer l’armée déloger des séparatistes sikhs sur leur site sacré. Son fils accéda alors au poste de premier ministre mais subit le même sort en 1991.

Pendant toutes ces années, la politique étrangère de l’Inde fut marquée par le Mouvement des non-alignés (fondé par Nehru), une grande proximité avec l’URSS, mais aussi par des conflits avec ses voisins (Chine en 1962 ; Pakistan en 1947, 1965 et 1971 avec le soutien à l’indépendance du Bangladesh). Pendant cette période, l’Inde, qui n’est pas partie au TNP, se dota aussi de l’arme nucléaire (premier essai en 1974).

Situation actuelle

Politique

A partir de 1996, le BJP, parti nationaliste hindou, progressa au détriment du parti du Congrès. Il remporta les élections législatives en 1998 et A.B. Vajpayee devint Premier ministre. En 2000, le pays a dépassé le milliard d’habitants et a connu une croissance soutenue tout au long des années 2000. En 2004, la coalition menée par le Parti du Congrès de Sonia Gandhi remporta les élections. Manmohan Singh fut nommé Premier ministre et fut reconduit dans ses fonctions en 2009. A l’issue des élections législatives qui se sont déroulées du 7 avril au 12 mai 2014, le candidat du BJP, Narendra Modi, a été élu Premier ministre.

Plus grande démocratie du monde (pas moins de 344 millions de personnes ont voté aux dernières élections!), l’Inde tient aujourd’hui une place importante sur la scène internationale, non seulement sur les plans culturel et politique mais aussi en qualité de puissance militaire et nucléaire.

 

Économie

Le pays a connu un important virage économique au cours des années 90 sous la houlette de Manmohan, alors ministre des finances, en entamant une série de réformes économiques libérales en s’ouvrant à la mondialisation et aux investissements étrangers : les multinationales affluèrent, attirées par un vivier de professionnels bien formés et les bas salaires.

Comme les autres États BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l’Union Indienne s’affirme donc aujourd’hui comme un des nouveaux grands pays industriels.

Les moteurs de la croissance

Dans les années 1970, sous le régime d’Indira Gandhi, le pays s’est lancé dans la révolution verte destinée à améliorer les rendements agricoles. Avec cette nouvelle technique, près de 40 % de la superficie cultivée est actuellement irriguée, et l’utilisation d’engrais chimiques et de semences à haut rendement, a fortement augmenté la production. La révolution verte n’a cependant par remis en question la structure agraire indienne, caractérisée par une forte proportion de métayers et de petits propriétaires.

L’Inde est ainsi devenue le quatrième producteur agricole mondial, notamment en ce qui concerne le millet, les viandes bovines, le lait, la noix de cajou, la noix de coco, le thé, le gingembre, la banane, et le poivre noir.

D’autre part, près de 50 % de la superficie agricole indienne est cultivée avec du riz ou du blé, aliment de base d’une grande partie de la population indienne.

En ce qui concerne la production industrielle, l’Inde était, en 2003, 4e producteur mondial de fer avec une production de 140 millions de tonnes et 8e producteur d’acier avec 31,8 millions de tonnes. L’industrie minière est également une activité importante, l’Inde étant notamment le 3e producteur mondial de charbon.

Depuis 1990, la construction automobile est passée d’une production de deux cent mille à plus d’un million et demi d’unités fabriquées dans le cadre, souvent, de joint-ventures entre fabricants indiens et de firmes occidentales. Le secteur automobile est en plein essor, avec des compagnies multinationales, telles que : Suzuki, Hyundai, Toyota et Honda.

Le secteur de l’informatique employait quant à lui deux millions de personnes en Inde en 2007. Hyderabad, Pune et surtout Bangalore sont les plus grands pôles de production de logiciels, de matériel de pointe et de saisie de données. Des grands groupes indiens sont déjà présents dans ce secteur tel Wipro, Infosys et Tata Consultancy Services. Ce secteur est florissant essentiellement en raison d’une main-d’œuvre qualifié peu couteuse : un ingénieur indien coûterait 15 000 dollars par an contre 75 000 dollars pour un américain.

Enfin, le tourisme est peu développé mais en forte croissance, notamment le tourisme médical, et l’industrie textile, elle, crée un nombre considérable d’emplois pour la population (près de 35 millions) et contribue à la production du pays (4% du PNB).

Avec une des croissances économiques parmi les plus rapides au monde, l’Inde a donc progressé à pas de géant. Le vrai point noir de l’Inde reste tout de même la faiblesse de ses infrastructures urbaines, d’énergie et de transport qui induit celle de l’industrie manufacturière.

D’autre part,  Le principal défi du gouvernement est aujourd’hui de répartir les bienfaits de la prospérité financière indienne. En effet, si la classe moyenne est aujourd’hui estimée à 300 millions de personnes (dont 50 millions à niveau de vie comparable aux occidentaux) et que le taux de pauvreté tombe lentement (passage de 36% en 94 à 28% en 2007 selon le FMI), la croissance soutenue n’a guère profité à d’immenses pans de la population.

Ceci a conduit le parti du Congrès au pouvoir depuis 2004 à s’arranger sur une stratégie de « croissance inclusive » en accompagnement de sa politique de libéralisation. Un ensemble de programmes sociaux dans l’éducation, l’emploi (NREGA) ou la santé visent à améliorer la position des basses castes dans le nouveau jeu économique. La préoccupation numéro un du pays est de créer au moins dix millions d’emplois nécessaires chaque année pour absorber l’arrivée massive des jeunes du baby boom des années 1980.

Culture

Tout comme la religion, la famille est au centre de la société indienne. Si les « mariages d’amour » sont en augmentation depuis quelques années (surtout dans les grandes villes), la plupart des mariages hindous et musulmans sont encore arrangés. La dot (bien qu’illégale) reste encore un élément clé favorisant la vision selon laquelle un enfant de sexe féminin est un fardeau financier.

Malgré cela, les indiennes possèdent le droit de vote et peuvent être propriétaires. Bien que la vie professionnelle et politique reste dominée par les hommes, les femmes commencent elles aussi à se faire une place, surtout dans les centres urbains.

Si la constitution indienne ne reconnait pas le système de castes (ou varna), celui-ci conserve une influence considérable et détermine encore largement la position sociale.

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