Pour notre retour en France, nous avons organisé le 21 janvier dernier une soirée à Bordeaux, sur la thématique de l’entrepreneuriat.

Pourquoi une soirée sur l’entrepreneuriat ?

Notre constat de base est que les étudiants ne sont pas assez mis en contact avec des modèles inspirants qui les poussent à entreprendre. Nous ne parlons pas de personnalités telles que Steeve Job, mais bien de personnes  plus accessibles auxquelles ils puissent s’identifier. D’autre part, si des structures existent pour favoriser l’entrepreneuriat, les étudiants n’ont pas toujours accès à cette information.

La soirée de l’entrepreneuriat bordelais

Si notre Tour était principalement axé sur l’entrepreneuriat féminin, nous avons souhaité élargir notre événement de retour au théme général de l’entrepreneuriat.

L’idée de l’événement était vraiment d’inspirer les jeunes à travers des témoignages d’entrepreneurs innovants qui ont réussi et rassembler les acteurs de l’entrepreneuriat bordelais pour informer et répondre aux questions des étudiants autour d’une soirée dynamique et conviviale dédiée à l’entrepreneuriat.

Nous avons contacté différentes structures pour nous aider à co-organiser cette soirée, et nous avons ainsi obtenu le précieux soutien de Elodie (Le Campement), Camille (La Ruche), Thierry (l’Auberge numérique), Nhan (ECA) et Romain (Mash up), ainsi que la Philomathique qui a accueilli cette soirée.

A travers ce compte-rendu, nous vous proposons de découvrir les échanges qui ont eu lieu avec les 12 entrepreneurs bordelais présents ce soir-là autour de nos  4 tables rondes « Entreprendre -25ans », « Entreprendre au féminin », « Entreprendre 2.0 », et « Entreprendre autrement » !

Bonne lecture,

Elsa & Marie

Découvrez le compte-rendu de la soirée, ici : CR soirée de l’entrepreneuriat

affiche soirée de l'entrepreneuriat

Après avoir retrouvé JM, un ami lyonnais de Marie, et son acolyte Clément, tous deux en échange universitaire en Inde depuis près de cinq mois, nous prenons tous un train de nuit en direction de Jaisalmer, la forteresse à l’entrée du désert du Thar. Le but de cette excursion? Une balade en dromadaire pour atteindre les dunes et y passer une nuit à la belle étoile!

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Nuit plutôt glaciale, et arrivée très matinale, mais nous nous réveillons grâce à un copieux petit déjeuner (sans café filtre au grand désespoir de Marie, mais avec des chocapics pour le plus grand bonheur d’Elsa!) sur un rooftop en regardant le levé de soleil. Devant nous s’élève le fort. Véritable citadelle du désert, érigée en 1156 par le souverain Rajput Jaisal, puis consolidée par ses successeurs, ce gigantesque château en grès mordoré surplombe la ville. Il doit sa splendeur à son emplacement sur la principale route commerciale reliant l’Inde à l’Égypte, à l’Arabie, à la Perse, à l’Afrique et à l’Occident.

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Nous trouvons rapidement un Tour organsié parmi les 1001 agences de la ville, qui fait l’unanimité! Départ prévu à 13h30 le jour même, ce qui nous laisse le temps d’aller déambuler dans la forteresse de sable, et de flâner dans les petites boutiques de livres!

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Notre guide, Amour (prénom qui convient plutôt bien à ce lover qui nous raconte ses histoires avec plusieurs étrangères!) nous emmène ensuite pour une petite heure de 4×4 jusqu’à nos dromadaires. Clément s’étonne devant le champ d’éoliennes (« l’inde se met au vert »!), heureusement notre balade est prévue de l’autre côté (merci la vue sinon!).

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Nous arrivons finalement à destination et il est temps de choisir nos montures – euh qui veut celui qui braille dans tous les sens? – Marie opte pour un destrier qui répond au doux nom de Johnny Walker, qu’elle renomme rapidement Jolly Jumper, tandis qu’Elsa s’entiche de Radjou, à la narine littéralement arrachée! Notre guide attache nos dromadaires à la queue leu leu, à l’exception d’Elsa qui fera la route de son côté car son dromadaire guide un petit nouveau, encore à dresser. Nous prenons donc la route gaiement, mais nous rendons bien vite compte que les 2h de camel ride risquent fort de ne pas être si paisibles que ça! En réalité monter un dromadaire c’est plutôt inconfortable, et les premières douleurs aux fessiers se font vite ressentir! Clément lutte pour trouver une position qui lui évite de tomber en avant, JM en parfait homme du désert fait corps avec sa monture qu’il monte pieds nus, Marie découvre avec joie qu’elle a des étriers accrochés à sa selle, tandis qu’Elsa fait amie-amie avec le guide de son chameau, qui doit avoir 12ans et qu’elle a l’impression d’exploiter!

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Le désert du Thar ce n’est pas le Sahara, mais nous étions prévenues! Pas de dunes à l’horizon mais de la poussière, de la caillasse et des buissons. Il n’empêche que nous apprécions la balade, mais sommes également heureuses lorsqu’elle s’arrête au niveau d’un îlot de dunes de sable! Pile à temps pour profiter d’un petit chai face au coucher de soleil!

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Grâce à un « vendeur de bières fraiches du désert », qui a bien compris que les dunes étaient un bon spot pour monter son business, nous commençons l’apéro en haut d’une dune, mais rejoignons rapidement nos deux guides au coin du feu pour continuer les festivités, car une fois la nuit tombée, le froid attaque! Après un bon repas constitué de ruti et légumes – cuits sous nos yeux dans le feu! – nous passons la soirée à écouter chanter notre guide, à refaire le monde ou à apprécier en silence le spectacle des flammes… jusqu’au moment où, sur l’ordre de nos guides, il nous faut tout éteindre et faire silence car une jeep inhabituelle passe près du campement! Nous passons une bonne vingtaine de minutes à nous demander ce qu’il se passe – une descente de la police? Un raid de terroristes pakistanais venus nous kidnapper (oui, on en a de l’imagination!)? Finalement la jeep s’éloigne sans qu’on ait de réponse à nos questions et nous terminons tranquillement notre soirée jusqu’à ce que le froid mordant et la fatigue nous obligent à aller nous coucher. Attention à ne pas tomber nez à nez avec les dromadaires cachés dans le noir au moment d’aller faire le pipi du soir!

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C’est donc emmitouflés dans pas moins de deux duvets, et deux couvertures que nous nous couchons sous les étoiles. Tandis que JM s’imprègne du « silence du désert », nous admirons avec émerveillement le magnifique ciel étoilé et tentons de repérer quelques constellations – tu la vois Orion, celle qui fait un nœud papillon? Et le lion, le mini point d’interrogation?  – bref, il nous reste beaucoup à apprendre en matière d’astrologie…

Quel plaisir au matin d’ouvrir les yeux au moment du levé du soleil! Marie, qui ne veut pas quitter la chaleur de son « lit », part chercher le chai tout chaud qui nous attend, toujours emmitouflée dans son duvet… Ce faisant, elle effraie tous les dromadaires qui se lèvent en sursaut face au spectacle de cette drôle de bête violette qui saute comme un lapin! Nous apprécions donc un délicieux et très complet petit dej en regardant le soleil émerger des dunes, avant de reprendre notre route.

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Les courbatures de la balade de la veille se font quelque peu ressentir, et Clément remonte sur sa monture avec un peu moins d’entrain tandis que Marie cherche désespérément une position pour épargner ses fesses! Le coup de grâce est donné lorsque notre guide décide de faire trotter nos dromadaires! Nous sommes secoués comme des sacs à patates, et le destrier d’Elsa semble particulièrement en forme car il ne s’arrête plus de trotter! A peine deux heures plus tard, il est temps de faire nos adieux à nos montures – un petit selfie-chameau pour marquer le coup!  – et nous retrouvons le confort de la jeep et la compagnie d’Amour qui nous remmène à Jaisalmer avec deux stops dans un « village fantôme » abandonné par ses habitants à la suite d’une querelle avec le maharadja, et auprès d’une oasis où Marie a le temps de piquer une petite tête dans l’eau glacée!

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Nous rentrons à Jaisalmer en fin de matinée, bien fatiguées mais ravies de notre excursion! Une bonne douche chaude et un repas bien épicé plus tard, il est déjà presque temps de repartir! Nous laissons JM aller admirer les haveli, demeures en bois finement sculptées, et préférons aller nous reposer à l’hôtel. Pas besoin du routard, Clément a le sens de l’orientation! Une demi-heure plus tard, nous sommes toujours à la recherche de l’hôtel, et nous rendons compte que nous avons en réalité quitté le centre-ville : en effet, la forteresse se dresse au loin ! Après cette promenade improvisée dans les ruelles de Jaisalmer, nous allons prendre notre train qui laissera les garçons à Jaipur à 5h du matin et nous amènera à Delhi en fin de matinée. Quelques parties de cartes plus tard et discussions sur nos expériences de voyageurs respectives, nous gagnons chacun nos couchettes pour une nuit absolument glacée!

Notre nouvel et ultime couchsurfer, Ankit, vient nous chercher à la gare le lendemain. Pas facile de le retrouver sans téléphone, quand il s’attend à nous récupérer à la gare de New Delhi alors que nous sommes en réalité arrivées à celle de Old Delhi! Quelques incompréhensions et une bonne heure d’attente dans le froid plus tard, nous voilà en sa compagnie! Nous ne faisons pas long feu une fois arrivées dans l’appartement de sa famille qui nous accueille vraiment chaleureusement, allons nous coucher, épuisées après cette nuit blanche à lutter contre le froid! Il faut dire que dans cette partie de l’Inde ça y est, c’est l’hiver, et que nous n’avions pas prévu le coup… Après une nuit de douze heures bien revigorante, nous sommes de nouveau d’attaque pour nos trois derniers jours en Inde. La sérénité du désert fait place à la bouillonnante (et polluée!) métropole… Au programme: de longues matinées de travail à boucler sur l’ordinateur, la découverte de la célèbre Conaught Place de New Delhi – où nous luttons pour trouver un café qui serve…du café ! Edifiée par les anglais, cette place aux magasins hyper modernes contraste fortement avec le marché aux épices et le Chawri bazaar de Old Delhi, ancienne capitale de l’Inde musulmane!

Nous rencontrons également Heena, passionnée de marketing, qui a monté il y a quatre ans sa propre agence. Pour effectuer nos quelques déplacements, nous gérons plutôt bien le métro indien, et sommes étonnées de la sécurité qui y règne : on se croirait dans un aéroport, il faut constamment passer des barrières de sécurité ! Le wagon « ladies », à l’avant de chaque rame est plutôt appréciable lorsqu’on a affaires à une foule en furie aux heures de pointes ! Croyez-nous, c’est pire que la 13 du métro parisien !

Enfin, il est temps de quitter notre gentille famille d’accueil et de regagner la France, à temps pour célébrer Noël dans nos familles !

A Jodhpur, nous avons rencontré Govind, fondateur de l’ONG Sambhali Trust, qui soutient les femmes et les enfants du Rajhastan depuis 2007 à travers différents programmes éducatifs, des formations professionnelles ou encore en leur proposant diverses prestations sociales.

L’association a mis en place une quinzaine de projets à Jodhpur, et dans le village de Setrawa, à 110km de Jodhpur dans le désert du Thar. Chaque année,  près d’une centaine de volontaires viennent des quatre coins du monde pour y travailler.

« Sambhali » signifie « l’élévation des femmes qui ne possèdent rien ». L’association cherche en effet à aider les femmes à quitter le cercle vicieux de la pauvreté et de la dépendance financière envers les membres de leur famille, dont elles sont prisonnières. Sambhali travaille essentiellement auprès des membres de la caste Dalit (dite des « intouchables »), les parias du système social de castes indien.

La majorité de ces femmes font face chaque jour à trois types de discrimination : en tant que femme, de caste Dalit, et sans argent. Cela passe par des violences verbales et physiques, et des abus sexuels au sein même de leur famille et communauté. La mission de Sambhali est de rendre ces femmes et jeunes filles plus fortes en leur offrant un accès à l’éducation, à la formation professionnelle et à des groupes d’entraide. Pour cela, Sambhali a créé divers projets :

- 7 centres d’autonomisation: ces centres offrent aux femmes et jeunes filles des cours en hindi, anglais et mathématiques. Les femmes apprennent également les arts traditionnels de la couture et du tricot sur des périodes de six mois et reçoivent des formations sur des thématiques sociales variées telles que le sida, l’hygiène, la violence domestique…

- 2 centres de couture et une boutique: créés en 2012 et 2013, les deux centres emploient une vingtaine de femmes qui produisent à la main des  accessoires et habits vendus par la suite dans la boutique Sambhali de Jodhpur. Elles peuvent ainsi générer leurs propres revenus en utilisant les compétences qu’elles ont développées lors de leurs six mois de formation.

- programmes d’éducation: A Jodhpur, de nombreux enfants manquent d’éducation primaire. Sambhali a donc lancé un programme de bourses d’études pour des écoliers venant des familles les plus pauvres de la ville et du village de Setrawa. Ce sont plus de 150 enfants qui ont pu ainsi être scolarisés au-cours des deux dernières années. L’association a également lancé le programme « No bad touch » qui éduque à travers différents ateliers enfants, professeurs et parents au problème des abus sexuels sur des mineurs, sujet tabou en Inde.

- groupes d’entraide : Créé en 2009 dans le village de Setrawa, ce projet de microfinance a été établi pour aider les femmes illettrées ou veuves du village à épargner en commun de l’argent afin d’accéder à des prêts pour démarrer une petite activité et devenir indépendantes financièrement. Des cours de finance, et de management à petite échelle sont également dispensés pour préparer les femmes à la gestion de leur microentreprise.

D’autre part, l’association apporte aux femmes des conseils personnalisés (ligne de secours Nirbhaya que les femmes peuvent appeler 7j/7 de 9h à 21h en cas de problème), services médicaux et légaux, ainsi qu’un véritable refuge en cas de violence domestique : Crée en 2012, le Panaah Shelter offre une solution de secours à court terme pour les femmes qui ont quitté leur foyer suite à des violences conjugales. Elles y trouvent un refuge et des spécialistes pour les aider à aller de l’avant. Le bouche-à-oreille s’est bien répandu et des femmes sont même venues de Bombay ou Delhi pour bénéficier de ce service inédit en Inde !

Sambhali pense qu’en créant ainsi un environnement positif, les femmes seront à même de développer leur potentiel en tant que membre à part entière de la communauté du Rajasthan.